Papa

Papa
2005
Maurice Barthélémy

De par le statut culte de la plupart de ses rôles, ses émissions de télé qui ont marqué l’histoire et qui continuent de nous divertir encore aujourd’hui grâce à l’excellent Burger Quizz, sans compter les sketchs mémorables des Nulles, Alain Chabat a une sorte d’aura qui touche au sacré. Sa présence donne tout de suite un attrait tout particulier à n’importe quelle œuvre, bien que pas forcément gage de qualité. Mélange de nostalgie mêlée à la joie désormais de retrouver un papy farceur sur qui les années n’ont aucune emprise, il n’en restait pas moins un paramètre primordial à prendre en compte : le réalisateur. Ex de la troupe des Robins des Bois dont le niveau, malgré quelques fulgurances, était plutôt très bas, sa carrière a depuis été pour le moins chancelante, pour ne pas dire complètement bancale.

Quasi moyen-métrage puisque atteignant tout juste les soixante minutes, le film est une sorte de road movie façon film d’auteur français, mettant en scène un père (Alain Chabat) et son fils traversant la France (à Priori de Paris, puisque l’immatriculation est du 75, et d’après les décors à destination du sud du pays non loin du massif central). Une traversée d’environ 700 km en quatre jours (prenant pourtant l’autoroute et semblant conduire quasi non stop !), l’occasion de se retrouver tous les deux.

Réussir à faire un film particulièrement long alors que la durée avoisine les soixante-dix minutes, c’est un sacré exploit. Tout du long les deux ruminent la mort du petit frère dans un mélange de dépression et de bonne humeur, donnant une ambiance très posée et sans enjeux, la phase de deuil ayant semble t-il déjà été faite. Tout ne sera alors que discutions futiles entre un grand enfant quasi absent, enchaînant les blagues sans la moindre conviction, et son enfant à lui, inexistant au possible. Ni insupportable ni attachant, juste vide. Les interactions avec le reste du monde seront quasiment inexistantes, créant une certaine frustration puisque ne se servant jamais des rares occasions pour développer quelque chose. L’autostoppeuse servira quasiment qu’au père pour se parler à lui-même, et la tante ne montrera que la capacité cérébrale limitée des deux gros mous qu’on suit tout du long. Pas de réflexion sur la mort, juste une acceptation faite avant même le film, aucun enjeu familial puisque le père et le fils n’avaient pas tellement besoin de se rapprocher, et le reste n’est que musique d’antan, taillage de route et arrêts en stations. Le scénario est vide, les acteurs peu investis et la réalisation minimaliste. C’est à ce demander comment un film ne nécessitant quasi aucun décor, une simple vieille voiture et un seul vrai cachet, a pu engendré pratiquement cinq millions d’euros de frais, faisant de cette sortie marginal flirtant avec les trois cent mille entrées un échec. Un film sans intérêt aucun donc, attristant presque de par le gâchis qu’il représente.

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