
Made In Korea
2026
Ra Karthik
Petite bande-annonce aguicheuse, grande possibilité de projection de par une personne étrangère allant dans un pays fantasmé, le pari me semblait gagné d’avance. Mais bon, ressortant tout juste d’un excellent film Netflix, je ne pouvais décemment pas espérer gagner deux fois de suite au loto.
S’ils vivent dans une misère assez rude, il n’empêche que même dans les coins reculés de l’Inde, les jeunes ont Internet et le smartphone, de quoi vite rêver d’un ailleurs plus médiatisé, comme par exemple la Corée du Sud dont la culture rayonne tout particulièrement depuis une bonne décennie. C’est notamment le cas de Shenba (Priyanka Arul Mohan), une jeune femme tamoul qui rêve d’aller vivre là bas. Suite à un concours de circonstances, son rêve va enfin se réaliser.
Bon bon bon… Le film a un énorme souci de rythme. Alors qu’on attend ce choc des cultures avec impatience, le film va passer près de trois quart d’heure à montrer sa vie en Inde, loin d’être désagréable finalement, avec une famille unie, prête à la soutenir, et même un amant dévoué. Une exposition très calme, lente et posée. Au contraire, tout va s’accélérer très brutalement une fois en Corée, avec une avalanche de situations et de personnages, avec limite l’impression qu’on a voulu caser une mini-série de 8 épisodes de 45 minutes en un film de 2h. Pas le temps de se poser, de s’attacher ou de réellement développer quoi que ce soit, et le dernier tiers n’a plus le temps de rien, usant et abusant de facilités scénaristiques et concluant dans une précipitation totale. C’est dommage car l’image est belle, apportant la chaleur et les couleurs de l’Inde dans un pays plus moderne, froid. On retrouve aussi de belles musiques et sonorités exotiques, donnant à ce voyage un vrai potentiel de petit bijou de poésie. Mais non, le montage est chaotique, le rythme trop énervé, et le côté amateur reste quand même assez violent par moment, avec des acteurs clairement en deçà et un scénario s’appuyant lourdement sur les clichés. On est loin d’un My Name is Khan, que ce soit en termes de cinéma, d’histoire ou d’émotion. Pour le coup oui, on pourrait presque parler de contenu, qui sera vite oublié.
