
Jurassic World : Renaissance
2025
Gareth Edwards
Réalisateur un peu trop rapidement qualifié de génie, Gareth Edwards a eu la lourde tâche que de redorer le blason de la saga Jurassic World, elle-même prolongement de la saga Jurassic Park, qui était en très très grosse perdition, au sens propre comme au figuré. Si des sources parlaient au début de 160 ou 185 M$ de budget, les dernières sources affirment que ce serait en réalité plus de 583 M$, 465 M$ après déduction de taxes, plaçant tout simple Jurassic World : le monde d’après comme le film le plus cher de l’histoire. Eh oui, une merde pareille ! Pourtant, avec les produits dérivés l’argent doit visiblement couler à flot puisque un septième opus a vu le jour, là encore avec un très gros budget variant énormément selon les sources (265 M$ prévisionnel, 180 M$ estimés, 225 M$ annoncés, et il faudra probablement attendre des années pour avoir le vrai chiffre).
L’homme s’est lassé des dinosaures, eh bien les dinosaures se sont à leur tour lassés des humains. Exit la cohabitation, la plupart des espèces se sont à nouveau éteinte, et les rescapés ont quant à eux migré vers des zones tropicales, notamment autour de l’équateur. Un riche pharmaceutique (Rupert Friend) ambitionne de synthétiser un tout nouveau traitement contre les maladies cardiaques, mais le problème, c’est qu’il a pour ce faire besoin d’échantillons des plus grands dinosaures, possédant de fait de grands et puissants cœurs. Et justement, les derniers vivent désormais en zone tropicale protégée, interdite d’accès et dangereuse. Il va alors monter une équipe de mercenaires (incluant Scarlett Johansson, Jonathan Bailey et Mahershala Ali) pour récupérer les échantillons.
Ah quand même ! Ne cherchez pas, c’est tout simplement un remake de Jurassic Park III. Certes, on nous rajoute une histoire d’échantillons, mais avec une famille rescapée à sauver, on se retrouve en fait à retourner sur une ancienne île tropicale avec plein de dinos, avec des installations humaines abandonnées, et c’est ahurissant comment également ça repompe à blinde Jurassic World : le monde d’après en termes de recyclage de la musique iconique et clin d’œil intempestifs. N’est-ce donc pas possible que de faire de l’originalité ? Ah si : les dinos génétiquement modifiés. Parce que les dinos ça existait naturellement avant ça ? Bah non, c’est débile, c’est juste « inventer de nouveaux dinos » au lieu de cloner les anciens. Et le problème, c’est que non seulement ça ne ressemble plus à des dinosaures, mais en plus biologiquement ça ne fonctionne pas. Si on excepte le fait que des bestioles d’une dizaine de mètres de haut se cachent dans des buissons qui arrivent à hauteur de cuisse d’homme, le reskin de diplodocus ne marche pas : une queue aussi fine et aussi longue n’aurait pas assez de muscle pour se mouvoir. Et puis quitte à prendre Gareth Edwards, c’est quand même dommage que l’ampleur des créatures et des décors soit si limitée. Petit mot également sur les personnages, où ça grille trop vite ses figurants (attention de ne pas cligner des yeux pour ne pas rater Ed Skrein) pour nourrir la faune : c’est fou comment cette équipe appâtée par l’argent semble faire écho aux acteurs qui cachetonnent. Bref, du spectacle pas si grand, loin d’être aussi catastrophique que le monde d’après, qui allait loin niveau ridicule, FX pourris et dialogues atroces, mais très loin de ses illustres ancêtres. Embauchez un scénariste compétent la prochaine fois pitié.














