
Ne t’endors pas
2017
Mike Flanagan
Découvrant à rebours la filmographie de Mike Flanagan, j’avais bien aimé son travail dans l’horreur, même si avec le recul je pense que ce genre le limite un peu et qu’il est meilleur quand il tente autre chose, d’autant que le doublon horreur / Netflix l’avait quelque peu enfermé pendant près d’une décennie. Mais vu ses prochains projets, peu de chance de le voir faire autre chose à l’avenir.
Jessie (Kate Bosworth) et Mark (Thomas Jane) ont vécu la pire chose qui puisse arriver à un couple : perdre leur enfant. Après une période de deuil, ils ont alors décidé d’adopter, ne pouvant plus procréer naturellement. Et justement, leur dossier va tout juste être accepté, recevant chez eux Cody (Jacob Tremblay), un pauvre garçon pratiquement du même âge que leur fils décédé, ayant lui aussi traversé de sombres moments, lâché par deux familles d’accueil après avoir été placé suite à la mort de sa mère. Très vite, ils vont se rendre compte que des choses incroyables vont se produire durant son sommeil, mais tout a un coût.
Le concept du film est un peu à mi chemin entre La Ligne verte, pour le côté « miracles », mais surtout Les griffes de la nuit et Insidious pour ce qui est de la manifestation des rêves et le côté malédiction. Niveau suspens, le côté double tranchant est trop grossier pour susciter la moindre surprise, mais il faut bien avouer que les tenants et aboutissants sont bien trouvés, si ce n’est que ça abouti également à une fin un peu ratée et passablement injuste. D’aucun pourraient s’en réjouir, mais – sans trop en dévoiler – je pense plutôt qu’une mort doit servir à quelque chose, pas juste faire du sensationnalisme, surtout quand la perte n’est pas traitée. Côté réalisation et effets de style dans l’horreur, c’est assez mitigé, avec des « jump scare » réussis, mais le procédé est trop facile pour vraiment être qualifié de gratifiant. Le monstre est bien trouvé, mais là encore, trop frontal. Du facile, agressif, plus dans l’attaque sur le coup que dans l’angoisse progressive et d’ambiance. Reste la performance de Jacob Tremblay, un acteur de génie dès son plus jeune âge, qui impressionne à chaque film. Quelques bonnes idées donc, mais noyées dans un film sans grande ambition et à la fin décevante.
