
The Rip
2026
Joe Carnahan
Les deux frères de cœur (Matt Damon et Ben Affleck) enfin réunis près de 30 ans après Will Hunting, le tout sous la caméra de celui qui nous a régalé du décomplexé L’Agence tous risques pour du gros film d’action Netflix budgété à hauteur de 100 M$. Et moi, j’adore quand un plan se déroule sans accroc. Mais pas là non…
Oh mec, on a trouvé comme de par hasard des millions de dollar dans une planque du cartel mexicain. Dingue ! Vite on se tire avant que tout le monde rapplique et n’ait la tête qui tourne face à plus de 20 millions ? Oh que non mon couillon, restons plutôt planté là le temps que tout le monde puisse réagir et se préparer, nous on va juste compter le blé toute la nuit parce qu’on a que ça à foutre bien sûr !
On a rarement vu une intrigue aussi poussive, avec une nuit de tous les dangers pour faire resurgir les ripoux parmi l’entourage, mais dans les faits c’est juste le spectateur qui rage face à un tel immobilisme tant c’est stupide à outrance de rester en territoire ennemi pour un prétexte si risible que compter un argent déjà étiqueté. Même un joli plan comme celui des quatre hommes dans le fourgon, sombrant dans l’obscurité entre chaque lampadaire sur la route, n’est juste pas utilisé puisque la tension ne sera exploitée que plus tard, avec un éclairage neutre et constant. Et le constat est aussi consternant que redondant : toutes les scènes d’action sont désamorcées, banales et pénibles avec des fusillades à plusieurs centaines de balles et aucune qui ne vient blesser gravement qui que ce soit ou à minima avoir la décence de rendre inopérante une voiture. Aucun vrai enjeu, aucun impact, aucun suspens, des acteurs qui cachetonnent sévère (à noter les présences de Kyle Chandler, Teyana Taylor, Sasha Calle et Steven Yeun). De l’ennui pur et dur qui nous coule dessus, avec une intrigue minable, des rebondissements qu’on voit venir à des kilomètres, et aucune scène d’action un tant soit peu stylée ou ne serait-ce que sympathique. Vivement dans quelques jours que j’oubli cette merdre, avant de vaguement m’en rappeler pour mes flops de l’an prochain.
