84m²


84m²
2025
Kim Tae-Joon

Pour une fois, ce n’est pas une série mais bien un film sud-coréen que nous allons aborder, mais toujours sur Netflix (il est important de rentabiliser un abonnement). Dans cette sorte de relecture de Fenêtre sur cour, on va à nouveau se plonger dans un quotidien de voisinage d’apparence tranquille, mais qui pourrait cacher de terribles secrets.

Primo accédant ayant cru faire une belle affaire en s’endettant très lourdement pour acheter un 84m² à Seoul, Woo-Seong va se prendre de pleine face une crise immobilière où son logement lui coûte bien plus que son prix sur le marché, tout ça pour en plus se rendre compte que ses voisins sont des plus bruyants et envahissants. Il va trouver une lueur d’espoir dans un placement en crypto censé s’envoler, devant résoudre tout ses problèmes.

Décidément, ça semble être la norme en Corée du Sud : on nous racole avec des concepts accrocheurs, mais dans l’ensemble le scénario est bancal, surtout dans sa dernière ligne droite. Déjà on passera sur l’élément déclencheur, la crypto, qui va littéralement s’envoler, chose impossible (ou clairement pas de la sorte). Ensuite, pas grand chose ne tient la route sur la gestion du bruit : comment ne pas réussir à localiser la source ? Comment ne pas se rendre compte d’une si grosse enceinte juste à côté ? Pourquoi ne jamais dialoguer directement avec les gens du 13ème ? Tout est un peu mal fait, pas très crédible, mais en vrai la gestion de la paranoïa est très réussie, le suspens est entier et niveau mise en scène est efficace. On sent clairement du sensationnalisme pas très réfléchi, mais c’est divertissant. En revanche, la fin bascule totalement dans le grotesque, le minable. Le héros est si lassant de bêtise, plus rien ne tient debout et la logique se fout la mal avec pertes et fracas. On reste abasourdi face à une résolution qui légalement n’a aucun sens, et si elle résout vraiment des choses – ce qu’on peut en douter – c’est assez nébuleux. Paranoïak n’a pas à trembler tant son statut de référence en la matière n’est pas ébranlé une seule seconde.

 

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