28 ans plus tard


28 ans plus tard
2025
Danny Boyle

L’art du marketing, c’est quand même quelque chose ! Alors que je n’ai que modérément apprécié à l’époque 28 jours plus tard et que j’ai carrément détesté 28 semaines plus tard, la bande annonce de ce troisième volet m’a tellement agréablement choqué que mes attentes étaient dantesques. Ambiance de folie, angoisse pesante, le film semblait promettre de toucher une psyché humaine au paroxysme de son aliénation. Pourtant, sur le papier le projet semblait être une aberration : une suite 18 ans après le précédent volet, devant relancer une toute nouvelle trilogie dont le second serait tourné avant la sortie du premier, le tout pour un budget de près de 140 M$ (75 M$ le premier, 60 M$ après abattage fiscal, et 63 / 50 M$ pour la seconde partie), soit la totalité des recettes des deux premiers opus. En gros, pour éviter la catastrophe industrielle, près de deux décennies plus tard il fallait à minima faire le double du précédent. Eh bien mine de rien, avec plus de 150 M$, ils l’ont fait !

L’histoire prend place, comme le titre l’indique, 28 ans plus tard. Plus tard que quoi ? Que la fin du monde, mais contenue au Royaume-Uni, désormais terre désolée et isolée. Un puissant pathogène hautement contagieux a transformé les habitants en zombies assoiffés de sang, qui avec le temps ont su s’adapter à un nouvel environnement où la nature a repris ses droits, variant ainsi leur alimentation en fonction de ce qu’ils trouvent. Jamie (Aaron Taylor-Johnson) est un chasseur, une des rares personnes quittant le village en quête de ressources, et cette fois il va emmener avec lui son fils de 12 ans, Spike (Alfie Williams), destiné à prendre la relève. Seulement quand il entendra parler d’un certain docteur Kelson (Ralph Fiennes), il n’aura plus qu’une idée en tête : aller lui rendre visite avec sa mère (Jodie Comer) malade, qu’importe les risques.

Le film se vendait sur deux choses : une ambiance crépusculaire, et une violence psychologique plus rude encore avec le message radio. Si on peut saluer le travail sur les décors, nous plongeant avec brio dans un style post-apo mais où la menace est toujours là, le fameux message radio sera carrément moins présent dans tout le film que dans la bande-annonce, c’est dire. Dans les faits, le film est terriblement classique sur sa forme comme sur son fond, si ce n’est qu’un effort louable a été fourni concernant la création de décors en dur, ne succombant pas à l’appel des effets spéciaux, pas même pour les zombies, tous en maquillages et prothèses. Reste pas mal d’idées intéressantes comme le parallèle entre le virus et la maladie de la mère, mais on se demande tout de même pourquoi, si le virus est contenu sur l’ile de Grande Bretagne, les forces militaires extérieures n’ont pas tout rasé à coup de napalme par mesure de sécurité ? Reste aussi les ficelles classiques du genre, pour un déroulé trop prévisible, voir laborieux avec le délire des Jimmy (Jack O’Connell) qui ouvre le prochain chapitre de façon trop frontale. Reste à savoir si la suite qui débarque la semaine prochaine (seulement sept mois après alors qu’il faudra au mieux plusieurs années pour la dernière partie si elle voit le jour !) fera des scores similaires, car avec une rentabilité très limite, toute baisse sensible compromettrait le projet de trilogie, en espérant que les suites sauront faire montre de plus d’originalité et de radicalité.

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