
Life Of Chuck
2025
Mike Flanagan
Sorti l’été dernier dans l’indifférence la plus violente, à peine un million d’entrées cumulées dans le monde entier, le film est un bel exemple de contre vérité sur le bouche à oreille. Alors que la presse a encensé le film, aucune trace de lui dans les cérémonies de récompense. Alors que les spectateurs ont encensé le film et l’ont massivement placé parmi leurs top de l’année, son maintient en salle fut au contraire très mauvais. Et pourtant, outre son casting impressionnant, le film avait de solides arguments marketing, comme le fait d’être une adaptation de Stephen King ou le fait qu’il traite de la fin des temps, sujet pesant mais imposant.
Qui est donc Chuck (Tom Hiddleston), prenant sa retraite après 39 ans ? Alors que la Terre est en proie à de terribles cataclysmes, que les fondations de notre société (internet, réseau, télévision, électricité) tombent les uns après les autres, Marty Anderson (Chiwetel Ejiofor), un enseignant divorcé (Karen Gillan), trouve un peu de réconfort dans une situation si cocasse où un dernier pilier tient toujours : les messages publicitaires concernant la retraite de Chuck, tenant bon même face à la fin du monde.
Un débat s’ouvre désormais : Là-Haut voit son titre de meilleure introduction de l’histoire remis en jeu. Si scientifiquement le coup des étoiles ne fonctionne pas, en termes de mise en scène et émotion brute, c’est tout simplement vertigineux. Un coup de massue à double tranchant, car que raconter derrière qui puisse rivaliser de près ou de loin ? Le film fera alors de la remise en contexte, expliquant d’où vient ce fameux Chuck, s’attardant notamment sur son enfance / adolescence (Jacob Tremblay), avec des fulgurances et des ratés. Le film crie son envie de vivre, mais ne cesse que de semer la mort sur sa route, donnant un profond sentiment d’injustice. Le film aurait pu rattraper pas mal le coup en joignant deux histoires : celle de sa future femme (Q’Orianka Kilcher) et de son amour de jeunesse (Trinity Jo-Li Bliss), qui ne sont malheureusement pas la même personne, alors même que la femme n’est jamais ni introduite ni développée, ce qui est fort dommage. Une occasion manquée, mais pour le reste le film est assez intense et prenant, même s’il est un peu regrettable que tous les éléments étranges / fantastiques soient immanquablement rationnalisés, à l’image de l’effacement de la passion au profit de la science (beaucoup poussé par le personnage du grand-père, campé par Mark Hamill). Un mot aussi sur la voix off du narrateur, que je sens rajoutée artificiellement pour un public teubé suite à des projection test ayant laissé confus. La première scène du second acte dévoile même carrément le comment du pourquoi, alors que cette découverte aurait eu plus d’impact sans ça. Reste qu’à choisir, j’aurais préféré un film entier sur le premier acte (le troisième), la suite – qui se passe avant – étant plus classique / conventionnelle. L’une des fin du monde les plus marquantes jamais vue, et tout de même un touchant parcours de vie.
