Backrooms

Backrooms
2026
Kane Parsons
Il y a quatre ans, un ado de 16 ans postait sur Youtube un concept appelé « The Backrooms », une expérience d’exploration de pièces irréelles, malsaines, le tout fait admirablement sous Blender. Un petit gars qui fait tout seul, et le buzz fut monumental, cumulant aujourd’hui plus de 90 millions de vues sur la première vidéo, avec un total de 23 vidéos sur ce sujet. Une belle histoire en soit tant exister sur Internet est une loterie affolante, mais ce n’était que les prémices d’une success story ahurissante. Non seulement un studio de cinéma a contacté le jeune homme dans la foulée, mais à seulement 19 ans on lui confia la réalisation de sa propre adaptation, avec 10 M$ de budget et un duo d’acteurs principaux, l’un oscarisé, l’autre nominée quelques mois plus tôt. Et si déjà faire un film aussi jeune dans de telles conditions est incroyable, sa réception fut sans précédent : plus de 80 M$ au lancement aux Etats-Unis, pulvérisant bien des records, que ce soit le second plus gros lancement de tous les temps pour un film d’horreur, le triple du précédent record de lancement pour A24, et au final le film frôle les 400 M$, ce qui le place de facto dans le top 10. Fou, et mérité.
Est-il entrain de sombrer dans la folie ? Très affecté par sa séparation avec sa femme, Clark (Chiwetel Ejiofor) voyait jusqu’à présent une psychiatre, le docteur Mary Kline (Renate Reinsve), jusqu’au jour où sa vie va basculer, découvrant une porte cachée au sous-sol de sa boutique. Impossible de décrire une telle expérience, mais ce qu’il y a vu l’a clairement marqué, autant intrigué qu’effrayé. Inquiète de ne plus avoir de nouvelles de son patient, après des jours d’absence sa psy va mener l’enquête, et peut-être découvrir la vérité derrière cette porte caché, enchevêtrement de pièces, les backrooms.
Autant j’avais trouvé Obsession assez banal, autant la claque est ici assez dantesque. L’esprit malade qui a inventé ce concept est un génie du mal, arrivant à conjuguer de façon presque poétique des visions du quotidien avec une déformation des enfers absolument cauchemardesque. J’ai vraiment eu cette impression d’avoir exploré ces backrooms, retenant mon souffle à chaque pas, terrifié par chaque recoin, tout en ayant le cerveau en ébullition face à des perspectives constamment remises en question, des jeux d’optique brillants, pour un malaise de plus en plus profond et viscéral. J’ai vu des images de cinéma d’une rare puissance que je n’ai jamais vu ailleurs, fasciné par l’inventivité des décors, des déformations, le vertige des possibilités. Certaines visions d’horreur vont indéniablement durablement me marquer, et à l’image des backrooms décrites comme indescriptibles, le film est vraiment une expérience à ressentir. Il me tarde de sombrer à nouveau dans la folie, une suite étant déjà en chantier, et vais de ce pas courir rattraper la web série.
