Evangelion : 3.33 You Can (Not) Redo

Evangelion : 3.33 You Can (Not) Redo
2012
Hideaki Anno, Mahiro Maeda, Masayuki
Eh bien voilà, avec You Can (Not) Advance, la nouvelle saga cinématographique a fait fit de l’anime, du manga, du passé, et part donc sur une histoire totalement originale puisque le troisième contact a eu lieu à la fin du second opus, créant une nouvelle extinction de masse pour le monde. Dans quel état se trouve notre Terre ? Que va-t-il alors se passer ?
Tokyo3 a été balayée, plus une ville ne subsiste sur Terre, désormais recouverte de centaines d’Anges (ou quoi d’autre ?) traquant les rares survivants. La capitaine Katsuragi Misato a réuni les derniers représentants de l’humanité dans un gigantesque convoi aquatico-aérien. En stase depuis 14 ans, Shinji Ikari va se réveiller dans un monde désolé, en ruines, où les derniers survivants lui vouent une haine infinie de part sa responsabilité dans le troisième contact, alors que lui n’en a pas conscience. Toujours vivant, son père va envoyer une clone de Rei le ramener au bercail pour faire la connaissance de Nagisa, qui n’est autre que le tout premier Ange.
Ce troisième volet propose quelques idées intéressantes. Déjà, explorer un monde à l’agonie post troisième contact en mode Mortal Engine, et ce 14 ans plus tard, c’est une proposition forte, bien qu’on expliquera jamais pourquoi les pilotes d’EVA n’ont pas vieillis. Ensuite, rattraper à rebours la relation entre Shinji et Nagisa est une bonne idée, d’autant que sa présence sur la Lune sans combinaison dès le premier opus était une découverte terrifiante qu’il nous tardait de voir développée. Visuellement, on bascule dans du futuriste très Gundam, que certains apprécieront, mais qui pour ma part était too much. Voilà pour les bons points, car le reste est au mieux encore une nouvelle déception. Les scènes d’action sont épiques, mais vide de sens : absence de discussion, ennemis pas vraiment identifiés et objectifs pour le moins flous. Même l’état de la Terre laisse perplexe : d’où sortent ces créatures quasi robotiques ? Sont-elles réellement des Anges ou autre chose ? Le fait de laisser partir Shinji, et le pousser artificiellement à le faire par absence de communication, est une paresse scénaristique honteuse, et derrière l’histoire fera un surplace terrible en attendant la menace du quatrième contact, parce que visiblement quand on aime on ne compte pas. Les plans sont de plus en plus brumeux, et l’ensemble poussif à l’excès. Où va t-on ? J’espère que le quatrième opus sera un coup de génie justifiant la trahison du second et le manque d’intérêt du troisième opus, car en l’état l’attrait pour l’anime originel ne s’en retrouve que plus grand encore.
