Love Exposure

1 octobre 2026 0 Par Antoine


Love Exposure
2008
Sono Sion

Film préféré de notre chère modératrice sur Tiktok, prochainement autrice du livre Les Intervalles déjà acquis d’être publié et traduit dans trois langues et dont les droits pour une adaptation cinématographique sont déjà disputés, et dont j’ai déjà lu non seulement l’intégralité mais également la fin alternative, je me devais donc de m’intéresser de près à cette œuvre, d’autant que je voulais le voir avant de faire mon TOP 250, live qui a duré 6h30 (et débrief de plus de trois heures) mais qui heureusement a été résumé en moins de 30 minutes en 7 vidéos pour ceux que ça intéresse. J’y allais néanmoins un peu à reculons, préférant surtout l’animation dans le cinéma japonais, et je dois dire que la durée de 3h57 avait de quoi me refroidir (et pour les gourmands une version de 7h existe même !).

L’histoire se concentre autour de Yu (Takahiro Nishijima), un adolescent des plus perturbés, qui après la mort de sa mère, avait vu son père (Itsuji Itao) trouver refuge dans le christianisme, jusqu’au jour où une certaine Kaori (Makiko Watanabe) va tomber follement amoureuse de lui et lui faire perdre la tête, envisageant de quitter les ordres. Mais avant que cette éventualité n’arrive, cet ouragan amoureux va repartir vers d’autres horizons, laissant le père anéanti, et sombrant peu à peu dans un extrémisme religieux où son fils n’a plus sa place. Pour attirer l’attention de son père, Yu ne trouvera que le péché comme solution, tombant à son tour de plus en plus dans les excès, devenant ami avec une bande de voyous et se trouvant même une passion pour la perversité, jusqu’au jour où une certaine Yoko (Hikari Mitsushima) va débarquer dans sa vie, malheureusement lesbienne et dégoûtée par la gente masculine.

Je dois avouer que je ne m’attendais clairement pas à ça ! Outre l’accent mis sur la religion, critiquant pêlemêle le christianisme et ses dérivés sectaires (en l’occurrence l’église du zéro), on a surtout un pan entier, primordial, où le héros, pour s’épanouir et exister tant aux yeux de son père que de ses nouveaux amis, devient un énorme pervers dont l’activité principale est de prendre en photo les culottes des jeunes femmes, pas toujours majeures, doux euphémisme. Certes, entre Tortue Géniale dans Dragon Ball ou Onizuka dans GTO, les exemples de gros dépravés ne manquent pas, mais dans le cadre d’un film en prises de vue réelles, c’est la première fois que je vois ce genre de délire, et ça va très très loin. Le basculement dans le porno, l’histoire de l’enlèvement, le délire du travesti ou la dernière partie avec l’église du zéro ira trop loin pour beaucoup de gens, j’ai eu du mal à tout apprécier parmi ce débordement de propositions, mais j’en vois la richesse thématique et la critique sociétale qui en est faite. Les acteurs se donnent vraiment à fond, n’hésitant à « se salir », pleurant et morvant en gros plan, et on sent que la mise en scène explosive des shōnen tente de s’appliquer à la réalité, et ça marche vraiment bien pour appuyer la folie du récit. Quasiment quatre heures, c’est évidemment trop long, j’aurais personnellement coupé plus d’une heure facilement en réduisant l’histoire de l’église du zéro et sa créatrice, supprimé purement et simplement tout le passage sur le monde du X, et le passage psychiatrique pour accoler son dénouement au lieu précédent, et bien sûr taillé salement de partout tant la quête des culottes est souvent redondante, et l’enlèvement mille fois trop long. En résulte un métrage vraiment too much, que ce soit dans ses thématiques, sa mise en scène, ses acteurs qui crient, sa durée démesurée. C’est bien sûr d’une générosité folle, d’une immense richesse et je comprend totalement la fascination qu’il peut procurer. J’ai pour ma part très bien adhéré au délire, mais les nouvelles générations s’en offusqueraient et la grande majorité du grand public y serait sans doute totalement hermétique.