Gourou

2 octobre 2026 0 Par Antoine


Gourou
2026
Yann Gozlan

Un an et demi après son immense succès tant critique que commercial Le Conte de Monte-Cristo, Pierre Niney revient enfin devant la caméra avec un projet qui avait de quoi intéresser puisque non seulement il s’agit de son troisième film avec Yann Gozlan avec qui il avait fait l’excellent Boîte Noire, et le plus mitigé Un Homme idéal, mais son sujet est des plus porteurs dans une époque où les influenceurs occupent de plus en plus une place centrale dans la sphère médiatique.

Qu’est-ce qu’un coach de vie ? Pour Mathieu Vasseur (Pierre Niney), il s’agit d’aider les gens à affronter leurs peurs, leurs problèmes. Se dépasser et se fixer des objectifs de lendemains meilleurs. Pour beaucoup, dont les personnes aux gouvernement, ce type de métier est potentiellement dangereux, poussant certains personnes à l’addiction, à l’endettement, et donc aux potentiels problèmes de manque, de dépression, voir pire. Alors qu’un projet de loi est à l’étude, Mathieu va partir en croisade pour rallier l’opinion publique à sa cause, tentant tant bien que mal de cacher tous les problèmes et en esquiver les responsabilités.

Le concept est très porteur, montrant un homme aux ambitions sans limites, tentant réellement et honnêtement d’aider les gens, qui à se voiler lui-même la face concernant de réelles dérives ou pratiques mensongères. Entre fascination, folie et débat de fond, le film a des bases plus que solides, d’autant que Pierre Niney se donne à fond et s’est sculpté un corps à la mesure du personnage. Entre le frère rongé par la jalousie et le fan sous l’emprise d’une quasi secte, le début est même très réussi, posant une ambiance mi oppressante mi clinique, d’autant que la musique, son hymne de scène, devient de plus en plus limité, comme montrant en évidence les limites du personnage et de son modèle. Et malheureusement, cela touche aussi le film : il n’a rien de plus à dire que son postulat de départ, et ne fera jamais évoluer ses personnages, preuve d’une écriture décevante. La fin laisse même un vrai goût de gâchis tant rien n’a de répercutions, que même les plus grands crimes ou erreurs restent impunies, ou vides de sens. Projet ambitieux, au grand potentiel, mais qui s’effondre tout du long.