Animals

20 octobre 2026 0 Par Antoine


Animals
2026
Ben Affleck

Si en tant qu’acteur le bonhomme n’a jamais pleinement convaincu, la carrière de réalisateur de Ben Affleck semblait beaucoup plus prometteuse : son tout premier film, Gone Baby Gone, fut un succès critique et n’a pas non plus été un échec commercial ; son second, The Town, allia bonne presse et succès commercial ; puis dès le troisième, le Saint Graal, Argo ayant décroché l’Oscar du meilleur film, en plus d’être d’autant plus un énorme succès en salles. En revanche, la suite fut bien plus compliquée, et quand on a atteint le sommet, la chute n’en est que plus vertigineuse. Réception bien plus mitigée et surtout colossal échec financier, Live by Night fut le trou, puis AIR son cercueil, qui malgré de bonnes critiques, fut là encore un énorme échec et n’eu même pas de sortie en salles chez nous. Et le voilà désormais à la tête d’une production Netflix de faible ampleur, triste fin…

Candidat à la mairie de Los Angeles, Mark Kimball (Ben Affleck) est au coude à coude dans les sondages, et il a tout à perdre, ayant misé toute la fortune familiale dans l’affaire. Et à quelques jours de l’élection, le pire va arriver : son fils va être kidnappé, avec une rançon de 7 millions de dollars. Son conseiller (Steven Yeun) va alors faire appel à une experte (Gillian Anderson) pour gérer la situation, sans même savoir qu’en réalité son fils va tranquillement rentrer et que l’enfant kidnappé est celui de leur femme de ménage.

On a rarement vu scénario aussi catastrophique dans son exécution et ses tenants (pour les aboutissants on y reviendra, l’un des seuls points sauvables du film). Déjà on a là une famille détestable qu’on a pas envie de suivre : un connard de fils de, héritier qui n’a jamais eu à mériter quoi que ce soit, qui abuse du fait que sa femme soit noire (Kerry Washington) pour jouer la carte de l’ouverture d’esprit rassembleur, du pur bobo gauchiasse dans toute sa splendeur ; tandis que sa femme ne fait que geindre et a en plus un amant (Ray Fisher), qui au passage ne servira à rien. Ensuite, ils foncent à pieds joints dans l’affaire d’enlèvement sans chercher à en savoir l’authenticité, ce qui d’un côté peut se comprendre de par le stresse et la peur de perdre leur enfant, mais à quoi bon avoir des conseillers alors ? Et surtout, comment d’un côté une photo a pu être envoyée de la part des ravisseurs, donc du bon enfants et par extension conscients qu’ils ont kidnappé le mauvais, mais que ce ne soit jamais à aucun moment un sujet de discussion entre eux ? De même, comment un candidat à la mairie d’une des plus grandes villes au monde, à la tête d’une belle fortune et d’une maison estimée à une dizaine de millions, n’a aucun garde du corps ? Aucun système de sécurité ou de protection ? Et comment une fucking maison de 10M$ peut avoir une clôture si pourrie ? Et pareillement, quand des gens vous menacent, annoncent avoir kidnappé votre fils, et que par miracle ce dernier rentre finalement l’air de rien (et la surveillance de la maison en mousse, on en parle ?!), comment est-ce possible qu’aucune mesure de sécurité de malade ne soit pas prise immédiatement ? Pire, ils vont le laisser seul quelques heures avec uniquement la mère et la bonne ! Une menace de kidnapping à 7M$ et aucune protection ni rien ?! Aberrant, fatiguant, stupide.

Absolument tout à jeter dans ce film donc ? Presque, mais il a au moins deux mérites : le film est court, à peine plus de 90 minutes, et sa fin est plutôt réussie dans son genre. Totalement amorale sur chaque point, elle vient récompenser la couardise, l’avidité et la chance insolente. C’est bien simple, toutes les pires décisions vont conduire à la meilleure fin possible et imaginable, même au delà de la logique, pour un petit côté grisant machiavélique. En revanche, cela apporte aussi son lot de soucis : on ne saura rien des kidnappeurs, et le personnage de « l’experte » n’aura été qu’une vaste blague de bout en bout, avec pas mal de zones d’ombres et de personnages inutiles. Une critique de l’hypocrisie ambiante, de la gauche de façade, mais qui se vautre dans une écriture de série B très frustrante.