Le Silence des agneaux


Le Silence des agneaux
1991
Jonathan Demme

Nous y voilà. Le fameux monument du cinéma, encensé par tous, porté aux nus par les critiques, le plaçant parmi les tous meilleurs films de l’histoire, ayant à la fois été un énorme succès commercial (275 M$) et un encore plus grand succès d’estime, avec pas moins de cinq prix aux Oscars, tous plus prestigieux les uns que les autres : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur et meilleure actrice. Tous les prix les plus importants raflés. N’est-ce pas un peu exagéré ?

Peu ou prou la même chose, l’écrivain Thomas Harris applique une seconde fois la même formule pour cette suite de Dragon Rouge. On suivra donc à nouveau un inspecteur du FBI, cette fois Clarice (Jodie Foster), une recrue en cours de formation, qui fera encore appel au dangereux Hannibal Lecter (Anthony Hopkins), le cannibale tueur en série, toujours enfermé dans la même prison. Ils se lanceront sur les traces d’un travelo kidnappant et tuant de jeunes femmes potelées.

Commençons tout d’abord par reconnaître une qualité de fidélité à Dragon Rouge, qui a réussi à tourner dans la même prison et avec le même directeur qu’ici, bien que le chef Crawford ait changé entre les deux. Par contre, l’auteur des livres semble avoir été assez fainéant sur la forme, réitérant l’exact même formule, tel un feuilleton. On sera assez déçu de ne pas voir plus d’Hannibal, plus que jamais relégué au second plan, et dont l’aide pour l’enquête se fait encore plus anecdotique. Certes, un certain passage au milieu du film le montrera enfin en action, et c’est assurément un point non négligeable à mettre au crédit du film, mais le reste à côté paraît d’autant plus quelconque. Le rythme est mou, surtout dans la première moitié, le méchant travelo est vide à outrance, et toute l’enquête qui l’entoure est poussive, pour ne pas dire ennuyeuse. Mais pourquoi diable ne pas faire un film centré sur Hannibal bordel !? Clairement le film passe à côté de son sujet tant l’iconique cannibale éclipse tout le reste. Pas mauvais, mais clairement pas la même saveur. Je vois le potentiel et quelques passages qui ont pu susciter l’engouement, mais pas dans une telle propension. Peut-être le film le plus surcoté qu’il m’ait été donné de voir.

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