Dans la brume


Dans la brume
2018
Daniel Roby

Pour tous ceux qui disent que le cinéma français manque d’ambition, de panache, en voici un magnifique contre-exemple. Du cinéma fantastique apocalyptique qui a tout d’un gros budget (mais seulement 11,5 M€ en pratique), au concept fort, aux visuels saisissants, et comptant même une star internationale au casting. Et pourtant, ce fut la turbo plantade avec un quart de million d’entrées…

Dans l’histoire de l’humanité, de nombreuses maladie ont régulièrement décimé une part significative de notre civilisation, avec parfois des hécatombes telles que la peste noire qui aurait réduit de 70% la population européenne. Et si un tel phénomène nous frappait à nouveau ? C’est justement ce qu’il va se passer lorsqu’un séisme de grande ampleur va faire surgir une brume des entrailles de la Terre, tuant tous ceux qui la respirent. Pour Mathieu (Romain Duris) et Anna (Olga Kurylenko), la chance d’avoir pu se réfugier dans un appartement supérieur au dessus de là où s’arrête la brume sera de courte durée : leur fille est gravement malade, dans une chambre décontaminée, mais sans courant les batteries ne tiendront pas longtemps. Que faire et comment survivre ?

Si on passe outre sur les explications à la science très légère, pour ne pas dire insultant quelque peu notre intelligence (une toxine uniquement dans une brume, mortelle dedans, mais tout va bien cinq centimètres au dessus), il faut dire que le concept n’est pas simplement génial, il est aussi brillamment entouré. Déjà on sent que l’action se déroule dans un futur proche mais indéniablement futuriste de par la technologie de casque de réalité virtuelle très développé, mais cela est également couplé avec une nouvelle maladie apparemment décelée depuis une décennie, obligeant les malades à vivre dans une bulle, sorte d’avertissement divin que l’air que l’on respire peut devenir une toxine mortelle. Et une fois le séisme délivrant son fléau sur le monde, le résultat est plus que probant, et malgré un budget d’apparence limité, on a bien un film apocalyptique d’envergure, avec une vraie ambiance de fin du monde et des scènes dévoilant toute cette ampleur. De même, la gestion de la survie est très probante, sous une tension constante avec des idées solides pour augmenter ce stress. Visuellement abouti, narrativement prenant, le film possède même quelques séquences d’action probantes. Personnellement, le désintérêt du public me stupéfait et je suis bien content d’avoir eu l’occasion de le rattraper.

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