Blanche Neige


Blanche Neige
2025
Marc Webb

Après avoir vu l’un des meilleurs films de la décennie, il fallait un peu redescendre sur terre et s’attaquer à un projet maudit, qu’on ne pouvait que détester avant même sa sortie. On attendait un carnage, et ce fut pire que tout : un budget fou furieux de presque 270 M$, hors marketing, pour des recettes anémiques de 206 M$, avant frais de distribution. Le film se bat avec  Mission : Impossible – The Final Reckoning pour la place de plus gros désastre financier de l’année (et dans le top 3 all time), là aussi avec des pertes estimées entre 250 et 300 M$. Il faut dire que les scandales ont battu des records autour du film.

Il y a eu l’histoire des nains, censés être joués par de vrais acteurs, puis finalement devenus des « créatures magiques » en CGI pour ne froisser personne. Il y a eu les projections test désastreuses, qui ont conduit à quantité de reshoots alors que le film était terminé en 2022. Il y a eu la guerre Israël / Palestine, où les deux actrices principales avaient des positions opposées, l’une défendant Gaza, l’autre étant une ambassadrice juive ayant été élue Miss Israël et ayant servi pour le Mossad, et paraît-il que l’ambiance sur les plateaux était des plus austère. Mais surtout, surtout, c’est bien le comportement cataclysmique de la fameuse Blanche-Neige (Rachel Zegler) qui posa problème, alors même que son casting avait déjà provoqué des indignations à la base. C’est bien simple, l’actrice s’est mise absolument tout le monde à dos, crachant ouvertement dans la soupe en disant haut et fort à quel point ce rôle était insignifiant pour elle, que le classique d’animation, monument du cinéma et tout premier film animé de l’histoire, était une bouse sans nom et qu’elle a fait ce qu’elle a pu pour sauver le film tant l’histoire de base est médiocre. Ses vidéos de défiance envers ses détracteurs étaient aussi un summum de maladresse provoquante, insultant carrément les critiques. Les gens se sont délectés des vidéos d’elle pleurant devant des salles vides, et c’est mérité. Arrogante, méprisante et méprisable : à elle seule elle avait ruiné tout le marketing du film. Donc oui, on ne pouvait que haïr le film, et il trouve quand même le moyen d’encore décevoir !

Si la présence du prince charmant a été supprimée et que les nains sont désormais des créatures magiques, l’histoire est peu ou prou restée la même : après la mort de sa femme, un roi s’est épris d’une autre (Gal Gadot), et peu après en avoir fait sa reine, il mourut à son tour. Le royaume devint de plus en plus sombre sous son règne, obnubilée par l’argent et la beauté. D’ailleurs, quand la princesse Blanche-Neige (Rachel Zegler) atteint la majorité, son beau miroir magique au mur cessa de reconnaître en la reine la plus belle de tout le royaume, donnant désormais ce titre à la princesse. La reine va alors décider d’ordonner la mort de sa belle-fille.

En vrai, mise à part qu’il est totalement ridicule de comparer la beauté des deux actrices tant la princesse est d’une laideur infinie en comparaison, ce qui est certes un sacré problème de cohérence, j’avais presque envie de défendre le film basé sur ses premières 27 minutes. Oui, ça chante de trop et la VF est absolument catastrophique au niveau des chansons, mais en vrai les décors / costumes et effets spéciaux passait à peu près, bien que dégoulinant de couleurs et de fluo au delà de l’indigestion. Et puis après j’ai progressivement abandonné toute idée de voir un film ne serait-ce que supportable. Déjà les animaux sont très limites, complètement cartoon, mais alors les nains sont un ratage sans commune mesure. Juste ignobles, tant au niveau du design censé être un hommage mais totalement raté, que surtout de la modélisation pas crédible une seconde. Et autant le château fait mine d’avoir de beaux paysages, autant les forêts sont tristes à crever, puant le plateau en carton pate. Les acteurs sont en roue libre totale, en surjeu monumental, surtout que les chansons sont assommantes. C’est bien simple, il ne se passe pas deux minutes sans que ça chante, enchaînant à un rythme usant : de la pure comédie musicale. Et c’est bien beau de supprimer le prince charmant, mais dans les faits le voleur fait totalement office de, avec un amour toujours aussi superficiel. La poésie de l’animation d’antan a laissé sa place à une avalanche de FX atroces, les chansons sont encore plus nombreuses avec des reprises systématiquement moins bien que l’original, avec en plus des acteurs qui cabotinent et nous chient dessus en off. Le projet était déjà détestable, mais le résultat l’est encore plus.

 

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *