La Guerre des Rose


La Guerre des Rose
2025
Jay Roach

Près de 40 ans après le premier film éponyme, voici une nouvelle adaptation du roman de Warren Adler, retraçant donc un amour qui fini en règlement de compte. Outre le fait que je n’avais pas forcément envie de me plonger dans une histoire faisant un peu trop écho à la mienne, pas grand chose ne m’attirait dans le projet, et je pensais même potentiellement ne jamais voir ce film de ma vie. Eh puis patatras, voilà que le critique de ciné Durendal le classe carrément comme son film préféré de 2025 ! Ah bon ?

Jusqu’où peut-on laisser les choses dégénérer ? Après un coup de foudre immédiat, Ivy (Olivia Colman) et Theo (Benedict Cumberbatch) se sont installés ensemble et ont eu deux adorables enfants. Ivy avait d’ailleurs arrêté son travail de restauratrice pour s’occuper d’eux, pendant que Theo rayonnait d’une brillante carrière d’architecte. Mais seulement dix ans plus tard, un incident va tout faire basculer, faisant perdre son travail à Theo et devenant père au foyer, pendant qu’au contraire Ivy va se relancer avec un restaurant qui va exploser et lui faire atteindre une grande renommée. Une inversion des rôles qui va faire naître des tensions irréconciliables.

Alors effectivement le film a des fulgurances et un potentiel énorme, mais pas tenu. Il faut tout d’abord reconnaître une belle qualité d’écriture au global, ayant l’intelligence de ne pas attaquer directement la mésentente, mais au contraire montrer toute l’étendue de leur amour. Leur histoire est très mignonne, et pendant quasiment tout le film les piques ne sont jamais gratuites ou exclusivement méchantes, il y a toujours de l’honnêteté, de la bienveillance et une belle complicité, même dans la manière de s’engueuler. Ce n’est pas juste « mais pourquoi étaient-ils ensemble ? » ou « faut arrêter les frais », au contraire le film justifie parfaitement la situation, de comment ils s’aiment mais aussi de comment une guerre d’égo peut être dévastatrice. Les joutes verbales sont magnifiques, et notamment en VO il y a de vraies pépites d’humour noir, dont je suis particulièrement friand. Même les seconds rôles apportent leur lot de sel, surtout le couple Andy Samberg / Kate McKinnon, montrant une situation à l’opposée totale : pas d’amour, mais pas de disputes. Pourtant, le film ne marche pas si bien au final, ayant l’impression constante que leurs disputes ne devraient pas peser si lourd face à un amour si évident, et les joutes verbales sont autrement plus réussies que les pugilats de dernière ligne droite, sans compter la fin un peu ratée. J’ai passé un excellent moment sur les deux premiers tiers, mais quel dommage que la fin bascule dans du granguignolesque moins maîtrisé.

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