Organ Child

6 novembre 2026 0 Par Antoine


Organ Child
2025
Shiue Bin Jian

Après une exploitation en salle à Taïwan, le film fut repris près de six mois plus tard par Netflix pour sa distribution internationale, semble t-il confiant de son potentiel succès, ou l’ayant peut-être eu à très bas coût pour respecter des histoires de quota par pays, les mystères du streaming sont impénétrables. Toujours pour rester dans le registre de l’action après 96 minutes (d’où la recommandation de l’algorithme je présume), le film va traiter d’un sujet des plus délicats : le trafic d’organes, et plus particulièrement concernant les enfants.

Il venait tout juste d’être papa et avait une vie de rêve, un entraîneur de baseball va voir sa vie s’effondrer : sa fille va être kidnappée, présumée morte pour un trafic d’organes, sa femme mettra fin à ses jours tandis que lui sera condamné à tord pour le meurtre d’une infirmière. Qui a enlevé sa fille ? Qui a bénéficié de ses organes ? Qui sont les commanditaires et les complices de cette sordide affaire qui a détruit sa vie ? Après 16 ans de prison, enfin libéré, il va crier justice et exiger des réponses, de gré ou de force.

Le concept du film est aussi sombre que potentiellement cathartique : un père anéanti en quête de justice, prêt à torturer et tuer s’il le faut. Un bain de sang annoncé, entraînant avec lui le spectateur dans sa soif de justice. Prometteur ? Oui, du moins au début, et encore. Trop de personnages, une histoire qui part dans tous les sens, le début nous perd un peu, puis quand sonne l’heure de rendre des comptes, c’est trop peu, trop éparse dans un récit qui se traîne et aux rebondissements invraisemblables dignes d’un soap à la Plus Belle La Vie, et les sabots sont si gros que même si c’est n’importe quoi, on le voit tout de même venir. Côté action c’est pauvre, côté enquête c’est faiblard, et côté personnages c’est à peine correct pour les gentils, et une avalanche de stéréotypes peu crédibles pour les méchants, me rappelant la célèbre réplique de Harry Potter 8 : « vous l’avez élevé comme un porc qu’on destine à l’abattoir ». Le film n’est pas foncièrement mauvais, il est juste hautement décevant, petits bras et bien trop long pour ce qu’il a à raconter, au point d’en devenir presque ennuyeux à force.