Pas un bruit

3 novembre 2026 0 Par Antoine


Pas un bruit
2016
Mike Flanagan

High concept d’un futur maître de l’horreur, surtout en séries, le réalisateur Mike Flanagan en profitait également pour mettre en avant sa femme Kate Siegel, héroïne de ce film. Elle y campe une écrivaine sourde et muette, qui va voir un soir un homme débarquer devant sa porte, menaçant de la tuer, mais surtout de jouer avec elle pour la briser, jusqu’à ce qu’elle-même n’en peuvent plus et veuille en finir. Qui est-il ? Pourquoi elle ? Comment s’en sortir ?

Sur le papier, c’est vraiment du slasher ultra basique où tout est étudié pour être une sacrée coïncidence bien pratique, qu’on aurait tôt fait de qualifier de facilité scénaristique, ce qui ne serait pas faux en vrai. Comme par hasard, elle vit seule, isolée, et comme de bien évidemment, on élimine d’emblée la seule aide potentielle : la copine voisine. Pire, alors que l’homme aurait pu la tuer en amont mais se retrouve « coincé » dehors (enfin vu que la maison n’a aucun volet, il pourrait y entrer en moins de deux minutes sans souci), elle va tenter de négocier en mode « je n’ai pas vu votre visage », mais ce dernier va faire exprès de se révéler. Donc non, ce n’est pas juste un débile qui a comme de par hasard raté sa chance de commettre son méfait, c’est avant tout un énorme psychopathe qui veut jouer avec sa victime, car une proie effrayée et à bout est toujours plus jouissive à dépecer.

Est-ce donc un banal slasher où la victime cumule les tares (femme, seule, handicapée) et le bourreau la folie (joueur, manipulateur, collectionneur et bandeur d’arc) ? Un peu, surtout que les facilités vont n’avoir de cesse de se cumuler pour balayer progressivement toutes les portes de sorties pour une confrontation inévitable. Le film a son idée et on sent qu’un autre scénariste soufflant en permanence face à si peu d’originalité pointait continuellement du doigt chaque invraisemblance, auquel le réalisateur a répondu méthodiquement par une facilité confondante, mais tout de même à peu près efficace, surtout qu’avec une durée d’à peine 80 minutes, on va droit au but sans temps mort. Une production horrifique bien débile, sur des rails prévisibles à outrance, mais qui offre un divertissement honnête pour les amateurs du genre.