
Un parfait inconnu
2025
James Mangold
Chaque année, il y a de très gros perdants aux cérémonies, et celui-ci en est un fameux avec notamment huit nominations aux Oscars, un total de plus de trente citations en comptant les Bafta et autres Golden Globes, et absolument zéro prix. Un coup dur niveau prestige, mais commercialement le film a eu une carrière plus qu’honorable, avec plus d’un million d’entrées en France et 140 M$ dans le monde, et en plus le titre sonne particulièrement juste dans mon cas puisque effectivement, je ne connaissais l’artiste que très vaguement, donc c’était l’occasion de découvrir son histoire, mais surtout ses œuvres.
Biopic musical, le film va retracer le parcours de 1961 à 1965 de Bob Dylan (Timothée Chalamet), jeune de 20 ans dont la vie va basculer alors qu’il voulait rencontrer son idole, Woodie Guthrie (Scoot McNairy). Non seulement il va réussir à le rencontrer, mais en plus il fera la rencontre d’une autre légende du Folk (sorte de mélange rock / country rétro), Pete Seeger (Edward Norton), qui vont lui laisser sa chance. Il espérait pouvoir gagner sa vie avec la musique, il va connaître une ascension des plus spectaculaire.
Alors… Problèmes : de un, je ne connaissais pas une seconde l’artiste, contrairement à un Bohemian Rhapsody où je me rendais compte « ah oui mais c’est eux ! » (oui ma culture musicale est assez catastrophique), donc il avait tout à prouver à mes yeux ; de deux, musicalement ça ne m’a que rarement plu, et c’était à chaque fois plutôt du côté de Joan Baez (Monica Barbaro) que le talent transparaissait ; et de trois, Bob Dylan est une merde humaine, ou en tous cas il l’est selon ce que le film montre et mes valeur morales. Et certes, il ne faut pas toujours chercher un compas qui pointe dans la même direction que nous, si on avait tous les mêmes opinions on se ferait salement chier, mais j’ai un peu de mal à m’intéresser à l’histoire d’un petit con qui fume, qui boit et se drogue non stop, qui avant même la célébrité était un petit con arrogant, prétentieux et infidèle, et même si oui il faut se remettre dans le contexte des années 60-70 où c’était la libération des mœurs, la découverte des substances récréatives et les joies du libertinage, ça me passe clairement au dessus et je vois juste une merde défoncée h24 qui ne respecte rien ni personne. Et comme en plus le style musical m’a globalement laissé indifférent et que j’ai trouvé les reprises de Timothée Chalamet un peu nasillardes, bien que je salue l’effort d’avoir donner de sa propre voix, les 2h20 m’ont paru très longues. De même, si j’ai trouvé le casting très bon (à noter également les présences de Dan Fogler, Elle Fanning et Boyd Holbrook), la mise en scène très réussie, l’écriture m’a quelque peu laissé sur ma faim. Qu’est-il arrivé à Guthrie, avant (son état) et après ? Pourquoi se concentrer sur ces quatre années ? Bob Dylan a-t-il eu une carrière éphémère ? Quel intérêt de parler de son vrai nom (Robert Allen Zimmerman) et de son origine juive si c’est juste pour sortir l’anecdote sans rien en faire ? J’ai eu un peu l’impression d’un film de fan et pour les fans, et que pour ma part je n’étais tout simplement pas invité à la fête.
