Unabomber

23 octobre 2026 0 Par Antoine


Unabomber
2026
Janus Metz Pedersen

Tiré d’une histoire vraie, le film retrace l’enquête du FBI, la plus cher de l’histoire, autour de l’affaire Unabomber, un ultra gauche anticapitaliste et antisystème qui terrorisait les Etats-Unis pendant plusieurs décennies avec pas moins de 16 attaques à la bombe pour dénoncer les dérives de l’industrie moderne. Entre un sujet important et un casting incroyable, j’espérais un événement à la hauteur pour Netflix, mais qui ne déçoit jamais quant à sa capacité à fournir un contenu insipide ou peu marquant.

Le film se focalisera sur deux époques : en 1996 pendant les derniers tournants de l’enquête du FBI (avec notamment Shailene Woodley et Alexander Ludwig), et en 1958 alors qu’un certain Theodore Kaczynski (Jacob Tremblay) intègre à seulement 16 ans la prestigieuse université d’Harvard, trouvant un sens à sa vie avec les cours de philosophie du professeur Murray (Russell Crowe). Choisi pour intégrer sa classe particulière, il va y exercer ses talents d’orateur et de penseur, loin de savoir ce qu’il se tramait réellement derrière ça.

Entre l’encart « tiré d’une histoire vraie », la mention concernant « l’affaire la plus coûteuse de tous les temps pour le FBI », le côté terrorisme de grande ampleur et ce rapport fascinant entre un jeune prodige et son charismatique professeur, surtout avec un tel casting (à noter également la présence de Annabelle Wallis en secrétaire dudit professeur), je m’attendais vraiment à un grand film. Et d’ailleurs, le film en a un peu l’air pendant une grande partie du récit : mise en scène sobre mais efficace, récit solennel et pesant d’un côté, intriguant et fascinant de l’autre. Le rapport maître /élève marche fort et on voit à quel point le petit jeu est retord avec un but absolument terrible, et visiblement rempli. Enfin presque… On parle de faire craquer, de folie, mais sans jamais rentrer pleinement dedans. On parle de manifeste, d’un terrorisme qui secoue tout le pays, mais jamais ce manifeste ne sera lu (probablement qu’il est risible vu le niveau abyssal de la réflexion sur la liberté) et quand l’heure du bilan arrive, on parle de trois morts et d’une vingtaine de blessés, soit un jour comme un autre dans la police française. Plus encore, on zappe en réalité toute la période des méfaits, ne faisant qu’expliquer comment il est devenu fou, puis comment il s’est fait arrêté, et dans le second cas c’est des plus décevants. On nous promet une histoire incroyable, et le potentiel semblait là, mais quand l’heure du bilan arrive, on est clairement sur sa faim : pas de psychopathe en puissance, juste il traverse au rouge, et l’histoire de son arrestation est carrément minable, il a juste été dénoncé et l’enquête a confirmé la véracité de la dénonciation. Le sujet de fond est au mieux gâché, et n’a dans la pratique aucune ampleur.