Aucun autre choix

14 octobre 2026 0 Par Antoine


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2026
Park Chan-Wook

Plus de 20 ans après le film français Le Couperet, le célèbre réalisateur sud-coréen Park Chan-Wook adapte à son tour le roman éponyme de Donald Westlake, au concept assez atypique : peut-on en venir au meurtre pour éviter le chômage ? Dans une époque où la conjoncture économique est tout bonnement catastrophique, il n’y a plus si loin à aller pour imaginer un Battle Royale où la récompense à la clé pourrait être un simple boulot chiant payé au smic…

Chef d’équipe depuis 25 ans dans une usine de papier, Man-su (Lee Byung-Hun) avait une vie de rêve : suffisamment aisé pour racheter la maison de son enfance, il y a construit sa serre, son petit coin de paradis, et offre la grande vie à sa famille. Deux voitures, deux chiens, des cours particuliers pour ses deux enfants, et une femme (Ye-jin Son) qui a le luxe de pouvoir profiter de la vie sans se soucier de travailler à son tour. Oui mais voilà, tout va s’effondrer le jour où des américains vont racheter son entreprise, restructurant bien évidemment à grand coup de plan de licenciement, qu’il subira de plein fouet. Les mois vont passer, ses économies vont fondre, et malgré des sacrifices toujours plus grands, l’inéluctable se profile : s’il ne retrouve pas vite un travail, il va perdre sa maison. A bout et n’ayant aucune autre expérience que celui du monde du papier, son seul espoir réside dans l’usine du coin, mais aucun poste à pourvoir. Pas le choix, il va devoir tuer celui qui occupe le poste qu’il convoite, mais également ses possibles concurrents.

Le début du film, voir sa première moitié, m’a beaucoup fait penser à Un Ours dans le Jura, dans la mesure où le couple va très mal financièrement, sans pour autant remettre outre mesure leurs choix en cause, bien que la femme se mette tout de même à travailler, limitant ainsi la casse. De même, le début se structure de la même façon : énormément de maladresse, et des morts plus accidentels que volontaires, où les facilités scénaristiques s’enchaînent un peu trop fort. Le concept mettra du temps à décoller, avec quelques bonnes idées tardives comme la femme compréhensive ou le running gag coréen de la police au QI abyssal. Mais globalement le rythme est plutôt mauvais, freinant donc le potentiel de l’histoire. On s’amusera du reflet début / fin sur les convictions militantes face à la réalité économique, critiquant donc la morale de façade, avec cette IA qui arrive rajouter le dernier clou sur un marché du travail effrayant. Je note également que le réalisateur aime décidément beaucoup jouer avec les contrastes d’ambiance brumeuse / sous la pluie avec les moments où le soleil brille, saturant les couleurs. Une excellente idée, beaucoup de potentiel, pour un résultat sympathique, parfois drôle, mais un peu trop long à démarrer et au héros trop indécis et chanceux pour pleinement convaincre.