Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)
2025
Pat Boonnitipat
Gros succès avec près de 75 M$ dans le monde, le film a surtout plutôt bien réussi à s’importer, frôlant les cent mille entrées en France et faisant des scores plus qu’honorables un peu partout, au point que l’affiche française n’hésitait pas à parler de phénomène mondial, ce qui est assez rare pour un film thaïlandais. Et si comme moi vous l’avez découvert sur Netflix, il y a été renommé « Les richesses de grand-mère » ce qui est à la fois presque tout aussi mensongers sur les 99% du métrage que le titre original, mais déjà moins long et plus pertinent.
Ah l’argent, il n’y a pas pire pour diviser une famille ! Alors que la grand-mère s’est vue diagnostiquer un cancer, toute sa famille va rappliquer de partout pour espérer avoir la meilleure place possible dans son testament. Une course à l’héritage pour une bande de charognards, auquel penser échapper le petit fils, mais dont la mère va obliger à aller s’occuper d’elle. Devenant ainsi son aide soignant dévoué, il va lui aussi se mettre à baver sur la vente potentielle de sa maison, tombant à son tour dans les travers de la fausseté cupide.
Si l’on peut trouver le principe saugrenu puisque déshériter des enfants est impossible (sauf cas extrême comme une tentative de meurtre) en France, avec au maximum 25% attribué à quelqu’un d’autre que les trois enfants (qui auraient un minimum de 25% chacun d’assuré de par chez nous), c’est visiblement le cas en Thaïlande où une personne peut décider de donner jusqu’à 100% à une seule et même personne, quelque que soit le lien de parenté ou la situation familiale. Il y a donc un véritable enjeu à cette guerre de cirage de bottes, un peu comme Les Héritiers affamés un où l’on retrouvait quasiment le même rapport de relations, à savoir un parent plus éloigné, jeune, d’abord sans mauvaises intentions et devenant plus légitime, qui va finalement succomber à la cupidité et tomber aussi bas que ceux contre qui il se battait au début. Seulement la comparaison s’arrête là. Là où le premier parlait d’une fortune colossale, très cinématographique, avec un casting de dingue, des décors incroyables, un bon humour et un rythme soutenu, c’est ici tout l’inverse : une vieille maison délabrée, rien qui fasse tant rêver, une culture thaïlandaise pas si marquée, et le film est poussif. Il tente même de jouer la carte de l’injustice, mais uniquement par non dit rageant. Le concept a déjà porté ses fruits, ils sont ici bien plus fades.
