Pokémon Argent SoulSilver

Pokémon Argent
2010
Nintendo DS

Après avoir marqué les esprits en 1996, puis trois ans plus tard chez nous, par son ingéniosité, son additivité et le charme de ses créatures, Nintendo avait fait coup double en 99 (2001 chez nous…) avec 100 nouveaux Pokémon hauts en couleurs et au design encore plus réussi que les premiers. De même, le jeu introduisait un scénario plus étoffé et offrait la possibilité de refaire le précédent jeu après la ligue avec de sympathiques clin-d’œil. Pour les fans nostalgiques, il s’agit tout simplement du meilleur Pokémon, bien que la 4° génération fut très bonne, contrairement à la catastrophique 3°, et que le principe a évolué dans le bon sens. Pari risqué mais louable que de remettre au goût du jour cette mythique aventure. Reste t-elle un must ou les âges l’ont-elle rendue désuète ?

Graphismes : 15/20

Depuis l’épisode original, chaque nouvelle crue se contente de mettre à jour les graphismes sans réellement les transcender. On retrouve donc notre petit héros déformé évoluer dans un monde en 2D isométrique propre et aux couleurs chaleureuses mais où les maisons sont identiques, les spirites des personnages se répètent souvent, les paysages sont limités (forêts, plages, mers, montagnes, grottes) avec tout juste quelques variantes et on retrouve une structure ultra classique dans presque toutes les villes : centre Pokémon, boutique, arène, 2-10 maisons inutiles et 1-3 bâtiments exclusifs à la ville. A l’exception de l’unique cinématique et de Rosalia, tout est beaucoup trop redondant et cela ressemble à du travail certes propre et joli, mais il est bâclé et fait à la chaîne. Les attaques sont elles aussi efficaces mais rien d’impressionnant.

Jouabilité : 16/20

La base du jeu est simpliste et ultra classique : attraper des Pokémon, les faire combattre et évoluer et remporter des badges. Et ce avec 6 Pokémon dans son équipe avec 4 attaques chacun. Cela n’a pas évolué d’un iota depuis les origines et bien que la formule soit toujours incroyablement prenante et addictive, on aimerait voir apparaître de temps à autres des surprises ou au moins une forme d’innovation comme avec les version Diamant/Perle/Platine. Par contre, on notera un problème de dosage de la difficulté lors du passage de Johto à Kanto puisque les bougres de champions y sont directement plus forts que la ligue. De même, Red et la seconde version de la ligue ont une puissance bien trop élevée par rapport aux possibles entraînements et level-up. La mise à niveau est interminable… De plus, sur les quelques 493 Pokémons, seule la moitié est disponible sur la cartouche.

Durée de vie : 17/20

Obtenir les 8 badges et vaincre la ligue Pokémon vous prendra environ 15-20 heures, soit le plus faible temps de la saga. Néanmoins, vous aurez ensuite accès à une nouvelle région et 8 champions de plus, rallongeant la durée de 5-6 heures. Il faut donc compter entre 25 et 30 heures pour obtenir tout les badges, vaincre Red et rebattre la ligue. Plus près de 35 si vous comptez faire gonfler votre pokédex et partir à la chasse aux Pokémon légendaires. Malheureusement, une fois la première ligue vaincue, le jeu perd beaucoup d’intérêt.

Bande son : 15/20

Le jeu se contente de remasteuriser les anciennes musiques du jeu pour les rendre moins 8bits. Entre nostalgie et renouveau, le jeu est agréable à l’oreille. Les différentes attaques émettent des sons appropriés, de même que lors des apparitions. Mais encore une fois, une évolution n’aurait pas été du luxe tant le principe est fossilisé. Les Pokémon n’ont pas le droit de faire valoir leur rage de combattre ou leur douleur face à une terrible attaque ?

Scénario : 4/20

Un enfant décide de partir seul affronter de dangereuses routes de nuit comme de jour, frapper jusqu’à épuisement de pauvres bêtes dans le but de les enfermer à vie dans de petite sphères et ne les faire sortir que pour se battre. Il voyagera à travers le monde, de ville en ville, amassant des badges et maltraitant chaque créature qui aura le malheur de croiser son chemin. Mais tout va bien : sa mère économise pour lui et son voisin le professeur lui a fourni une bête assoiffée de sang. Mais attention : il ne faut pas oublier de réduire en esclavage le plus d’animaux possible !

Note Globale : 15/20

Dix ans plus tard, la légende renaît, comme ce fut le cas avec les très bons rouge-feu vert-feuille qui introduisirent pas moins de 9 îles très attractives. Ici, sauf les sœurs kimonos nuisibles, il n’y a aucun apport notable. Tout a été un portage bête et méchant. Mais si le jeu originel était si bon, ça n’est pas un problème ? Eh bien si, le jeu souffre de la concurrence et il ne tient pas la comparaison avec ses homologues de la même console de par son manque totale de ficelles scénaristiques et d’originalité. Si les bases du jeu sont terriblement addictives et profondément sympathiques, le résultat manque de vie et de personnalité. Les nouveaux venus y trouveront là une version archaïque, les nostalgiques y trouveront un réveil difficile face à une réalité bien là : le jeu a mal vieilli.

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