A bout de course

A bout de course
1988
Sidney Lumet

Dans les années 60-70, en pleine période hippies, les mouvements radicaux et révolutionnaires foisonnaient. Inspiré par l’histoire des fondateurs de Weather Underground, dangereux gauchistes détruisant des bâtiments publics, le film met en avant une famille obligée de fuir depuis que les parents, membres d’une ligue révolutionnaire, ont grièvement blessé et causé des dommages permanents à un employé d’une usine qu’ils ont fait exploser.

Mais cela n’est que la trame de fond du film, qui nous racontera plutôt comment ces parents et leur deux fils vivent cette situation instable qu’est le quotidien de fugitif. Si depuis le temps les parents n’ont eu de choix que de s’y faire, sans quoi ils risquent près de quinze ans de prison, et que le plus jeune ne comprend pas encore bien ce qui se passe, le ressenti est tout autre pour Danny / Michael (incarné par le regretté River Phœnix, mort d’une overdose à 23 ans), l’aîné des frères. Passionné par la musique, il aspire à poursuivre ses études à Julliard. Mais que faire entre son amie, sa famille et ses rêves ?

Simple drame familial, le film repose quasi exclusivement sur son acteur principal. L’histoire est assez banale et le cadre politique ne fait que renforcer l’antipathie du père, rendant l’hésitation de Danny pour ainsi dire incompréhensible. Certes la gentillesse de sa mère pourrait le faire rester, mais dans la mesure où elle même le pousse à suivre ses rêves, le film s’allonge inutilement. Heureusement, pour nous tenir en haleine tout du long, après un début maladroit et mollasson, le film met en avant une histoire d’amour qui sonne vraie et naturelle et donne une certaine poésie à l’ensemble. Le jeu des acteurs étant globalement très bon, surtout en ce qui concerne River Phœnix, le résultat est des plus solides pour un tel sujet. Mais à cause d’une trop grande longueur, d’une histoire trop classique et d’une fin pas assez travaillée, le film souffre tout de même de limitations importantes qui l’empêcheront de pleinement nous emporter.

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