Black Death

Black Death
2011
Christopher Smith

Black Death, ou mort noire, fait éminemment référence à la peste noire qui a sévit en Europe au XXIV° siècle, déciment des familles entières et créant une vague de panique et de doutes. Comment croire en un Dieu aussi mauvais ? Pourquoi vouloir la mort de ses fidèles ? Dans ce contexte d’incertitude et de chaos, la notion de bien et de mal a disparu et tout le monde cherche un responsable à ses morts.

C’est dans cette atmosphère pesante que démarre le film, en présence de Osmund (Eddie Redmayne), un jeune prêtre qui ne sait plus tellement s’il doit rester au monastère ou fuir avec son amoureuse. L’amour d’une femme ou de Dieu ? Comme pour répondre à sa prière, un templier (Sean Bean) et ses hommes d’infortunes vont solliciter son aide pour enquêter sur un petit village qui serait protégé de la peste par un nécromancien. Une ignominie de démon qui voue ses habitants à la damnation éternelle. Pour absoudre leurs pêchés, ils doivent les purifier. Le choix semble déjà fait, mais est-ce vraiment là les actes d’une créature maléfique ?

Comme souvent avec ce genre de film, on ne peux qu’être impressionné par la vanité et l’arrogance de ses hommes de Dieu qui ne se remettent jamais en question et se laissent aveugler par la « supériorité » de leurs valeurs. L’histoire joue dessus et nous piège dans un paradoxe entre la sympathie de ses hommes et le rejet de leur quête. L’arrivée au village est aussi surréaliste que déroutante entre notre incrédulité et notre envie d’y croire tout de même, ne serait-ce que pour voir où cela nous mène. Toute cette réflexion permet au passage de dissimuler un certain manque de rythme et d’intérêt sur toute la première moitié, mais qu’importe. Il faut dire que la très bonne réalisation nous met dans l’ambiance et que le charisme des acteurs nous protège de tout ennui possible. Et tout ça prend son apogée à la fin avec une montée d’horreur et une incertitude qui rend fou. Pour un film de série B qui n’a pas eu les honneurs de nos salles, le résultat est donc très solide.

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