Benvenuti al Sud

Benvenuti al Sud
2010
Luca Miniero

Les quelques 20 millions de spectateurs de Bienvenue chez les Ch’tis avaient de quoi laisser rêveur. Si les américains furent les premiers à se manifester, avant d’y renoncer, c’est finalement les italiens qui mirent au point leur remake, épaulés par Dany Boon à l’écriture, faisant aussi une courte apparition clin d’œil. Donc à priori, il n’y avait pas grand chose de plus à espérer qu’une transposition de la part de l’un des films les plus surfait de l’histoire.

Après un pauvre gars du Sud de la France obligé de partir travaillé dans le Nord, voici un autre employé de La Poste, cherchant une mutation à Milan, qui tente de forcer son affectation en se faisant passé pour handicapé. Pour une faute aussi lourde, il devra quitter le Nord de l’Italie, climat tempéré et bonnes conditions de vie, pour le Sud et les environs de Naples, lieu de perdissions peuplé de pecnots illettrés incapable de parler correctement, vivant dans des taudis infâmes, où la température frôle les 50°C, et où la criminalité et le chômage explosent tous les records. Mais bien sûr, tout ça ne sont que des clichés et l’homme apprendra que c’est un endroit où il fait bon vivre et où les habitants sont accueillants.

Une scène, deux scènes, trois scènes… Le film s’enchaîne et un constat tombe irrévocablement : on assiste clairement à un remake fidèle jusqu’à la dernière ligne de dialogue. Le snobisme du Nord face au Sud en Italie tombait à pic, et nous voilà face à la même histoire dans sa version italienne, copiant chaque situation, chaque personnage, et chaque mot prononcé. Dire que les deux films sont identiques serait même assez réaliste. Mise à part les changements de lieux et d’acteurs, l’humour et les blagues sont les mêmes, touchant le public de façon très similaire. Alors certes, les acteurs ont moins de notoriété, mais leur talent n’est pas inférieur, voir meilleur en ce qui concerne le postier local, sosie de Verino, qui remplace Dany Boon. De plus, le cadre est plus chaleureux, moins forcé et plus attrayant. L’histoire reste malgré tout faiblarde, et l’humour pas décapant, pour ne pas dire discret, mais ce remake n’a clairement à pâlir face à l’original, une certes bien maigre consolation.

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