Moby Dick

Moby Dick
2011
Mike Barker

Si tout le monde connait le célèbre roman de Herman Melville, très peu d’entre nous l’ont vraiment lu. Tout juste sait-on qu’une immense baleine lui sert de couverture, et que bon nombre de gens pensent que le Monstro de Pinocchio et Moby Dick ne sont qu’une seule et même baleine. Et en un sens ils ont raison, cet immense cachalot blanc représente aussi l’une des plus grandes peurs des marins : la plus grosse créature marine du monde, capable d’engloutir un voilier entier.

Ce téléfilm austro-allemand, fait par une équipe américaine, nous propose donc une énième adaptation cinématographique du livre. Hanté par le douloureux souvenir de sa rencontre avec Moby Dick qui lui aura coûté une jambe, Achab (William Hurt) est bien décidé à obtenir sa vengeance, enrôlant le baleinier Starbuck (Ethan Hawke) et réquisitionnant son voilier. Devant normalement partir à la chasse aux cachalots pour en récupérer l’huile, Achab en détournera l’objectif pour en faire une affaire personnelle entre lui et Moby Dick. Une folie qui les conduira dans la noirceur des abysses…

Les amis des animaux et autres fervents défenseurs de la PETA, qui ont récemment porté plainte contre le futur Assassin’s Creed IV pour les mêmes raisons, dénonceront l’ignominie de la pêche à la baleine de par l’extinction imminente de l’espèce. Mais bon, on sera tous d’accord pour dire que tous le monde s’en fout. Ce qui est réellement outragent en revanche, c’est la misère du scénario : un vieux fou qui mystifie une baleine et ne rêve que de l’affronter, quitte à y laisser sa vie et à entraîner tout le monde dans sa chute. Si quelques personnages seront illuminés par des éclairs d’intelligence comme « tiens au fait on meurt tous de faim et de soif, si on rentrait ? », la bêtise et l’aveuglement l’emportent haut la main, rendant l’aventure stupide. Il y a fort à parier que le livre soit une honte absolue tant en dehors du vide inquiétant de l’histoire, le film aligne les qualités, dont son casting : un défilé de stars. Outre le charismatique William Hurt et l’excellent Ethan Hawke, particulièrement en forme, on retrouvera Billy Boyd (Pippin le hobbit) et Gillian Anderson. De plus, malgré son statut de téléfilm, le film arrive à afficher des très belles images et des effets spéciaux pas trop laids grâce à son confortable budget de 25 M$. Le rythme est bon, les personnages intéressant, l’ambiance haute mer prenante : tout y était pour rendre l’aventure magnifique. Mais rien à faire, l’histoire est tout simplement lamentable. S’il existe des fans du livre, ils devraient néanmoins y trouver là l’ultime adaptation. Mais quelle perte de temps…

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