Les Misérables

Les Misérables
2013
Tom Hooper

Adaptation de l’une des pièces de théâtre les plus populaires de l’histoire, le film est aussi par extension l’adaptation du chef d’œuvre de littérature de Victor Hugo. Un sacré héritage mit en scène par l’oscarisé Tom Hooper, d’ailleurs pas en reste avec ce film, auréolé de nombreux prix incluant, la plupart pour le son ou les décors / costumes / maquillages, mais aussi quelques uns pour son casting, notamment l’oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Anne Hathaway. Un succès d’envergure, fracassant le box-office avec pas loin de 438 M$. Et pourtant, massacré par la critique française, le film a bidé de par chez nous – pourtant lieu du film et pays originel du livre – avec un ridicule 218 983 entrées. Allergie aux comédies-musicales ou véritable ratage ?

Pour ceux qui ne connaissent pas ce grand classique de la littérature, le film raconte l’histoire de Jean Valjean (Hugh Jackman), condamné au bagne pour un quignon de pain volé. Libéré après 19 années d’esclavage, il reste néanmoins plus miséreux que jamais, constamment surveillé et rejeté par tous à cause de son statut d’homme « extrêmement dangereux ». Fatigué de sa vie de malandrin, il se séparera de son identité, devenant dix ans plus tard « monsieur le maire ». Traqué par le commandant Javert (Russell Crowe), il mettra à mal sa couverture pour aider une pauvre mère désespérée et mourante, Fantine (Anne Hathaway). Sur son lit de mort, il lui jurera de protéger et de chérir sa petite Cosette (incarnée une fois adulte par Amanda Seyfried), confiée aux Thénardier (Helena Bonham Carter et Sacha Baron Cohen).

Que c’est lamentable de voir un tel panel de stars se vautrer aussi méchamment dans cet exercice de chant… Le film prend le parti de ne faire quasi exclusivement que des chansons – en anglais évidemment, ne facilitant pas la compréhension lors des nombrables cohues -, quitte à faire des vocalises uniquement pour aligner trois mots inutiles. Bien souvent, les « chansons » arrivent comme un cheveu sur la soupe. Mais le plus gros problème, c’est sans nul doute le fait que presque personne ne sait chanter, faisant pleurer nos oreilles, surtout avec le désastreux Hugh Jackman, pourtant personnage principal du film. Et s’il n’y avait que ça… En plus de filmer les plans beaucoup trop rapprochés, de proposer des décors qui sonnent faux et des costumes risibles, les acteurs sont franchement mauvais. Alors oui, c’est une comédie musicale, mais ça en fait des caisses. C’est bien simple : c’est à celui qui gueulera le plus mal et le plus fort. Et les plans s’éternisent, à l’image du film péniblement étendu sur 2h30 quand le scénario ne le permet pas. Difficile de tellement se captiver par une révolution française mollassonne et brouillonne, où les soit-disant meneurs perdent la tête pour un simple regard échangé, ridicule suprême. S’il y avait là un effet poétique, il est complètement raté. Si par le hasard des choses deux-trois belles voix se démarquent, que quelques musiques nous étonnent, qu’une scène trouve à peu près écho, l’ensemble est tellement minable que l’ennui est omniprésent. Pas seulement une injure à notre culture, le film est simplement une infâme prétention où rien ne tient la route.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.