District 9

District 9
2009
Neill Blomkamp

Quand on pense aux invasions extraterrestres, on pense immédiatement aux grosses purges à budget colossal opposant des bons américains valeureux à de destructeurs aliens dans un combat épique (cf Independence Day, Transformers, World Invasion). Tout aussi fréquente, on retrouve l’orientation frisson, inauguré avec les Aliens. Il existe aussi l’approche humoristique, plus rare mais tout autant jouissive (Mars Attacks ! ou Paul). Néanmoins, District 9 se démarque assez largement des autres, reprenant le côté reportage de Cloverfield.

Le film part d’une idée assez singulière : et si un vaisseau extraterrestre tombait en panne sur notre Terre ? À la stupéfaction générale, la ville de Johannesburg en Afrique du Sud accueilli un immense édifice spatial, qui s’immobilisa au dessus d’eux. Après trois mois à attendre, une équipe se fraya un chemin à l’intérieur, y découvrant un million de spécimens en assez mauvais état. Recueilli dans des camps de fortunes établis en dessous de l’appareil en lévitation, la situation n’évolua pas durant 20 années, causant à force de graves tensions, l’humanité ayant l’impression de devoir payer pour les pauvres de l’univers. L’unité de crise dédiée (le MNU), décide alors d’expulser les indésirables dans des camps de concentrations. Wikus van der Merwe (Sharlto Copley) est chargé de faire passer le message auprès desdits concernés. Mais l’opération ne se passera pas comme prévue…

Visiblement partis faire un peu de tourisme de par chez nous, leur vaisseau fut abîmé lors de son entrée dans notre atmosphère, perdant son système de navigation. Durant ce temps, ce qui semble être le seul scientifique alien – les autres étant apparemment des ouvriers ou des soldats – tente de réparer le module endommagé. Du côté humain, un petit bureaucrate qui subit le système. Une histoire assez simple et efficace, très réaliste et énigmatique. L’univers est bien approfondi : les extraterrestres possèdent un langage bien particulier, et leur façon de parler permet une compréhension mutuelle mais pas de pratiquer la langue de l’autre ; leur technologie est nettement supérieure et malgré un budget serré (30 M$), la qualité des effets spéciaux la met bien en valeur ; et leur design qualifié de « mollusque » est particulièrement bien réussi. Filmé comme un reportage omniscient sur ces événements, la réalisation renforce le réalisme du film et donne une profondeur inespérée au film, excusant le flou quasi intégral sur la raison de leur venue et leur condition. L’idée était donc très originale, et son application l’est tout autant. On regrettera juste le comportement égoïste et nonchalant du héros, et surtout que le flou entourant l’univers du film ne soit jamais percé : malgré un énorme succès (210 M$), la suite fut annulée, son réalisateur préférant se concentrer sur d’autres projets originaux, comme le futur Elysium, toujours orienté science-fiction.

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