Cloverfield

Cloverfield
2008
Matt Reeves

Si Projet Blair Witch avait déjà amené le style du found-footage, ce film est incontestablement celui qu’il la révolutionné, montrant que ce principe de caméra embarquée amateur permet non seulement de proposer des films ambitieux à moindre coût, mais qu’en plus le côté quasi documentaire en live permettait de ne pas expliquer le scénario, nous montrant des gens qui sont eux mêmes spectateurs de l’histoire.

Ainsi, après avoir brouillé les pistes 20 minutes durant en nous faisant croire à une comédie américaine, le film dévoile sa vraie nature au détour d’un tremblement de terre. Paniqués, les gens sortent alors, et découvrent terrifiés un immeuble s’écroulant. Quelques minutes plus tard, un autre building s’embrase, laissant paraître un immense corps blanc au milieu des décombres, tapi dans l’ombre. L’île de Manhattan semble être attaqué par un mystérieux monstre gigantesque. Désemparés, les militaires tentent d’évacuer les lieux, mais la créature refis surface et jailli de l’eau, détruisant le pont et faisant de nombreux morts. Plongés au cœur de cet enfer, quatre jeunes filment les événements.

À moins d’être passé complètement à côté du film et de n’avoir aucune idée de quoi il parle, l’évolution des événements ne surprendra pas. Néanmoins, cette attente débouche sur un certain suspense sur le démarrage de tout ça, et le fait de choisir une fête comme lieux de départ donne un bon effet de dichotomie, entre d’un côté des amis qui festoient et qui trinquent à un avenir radieux, et de l’autre cette créature énigmatique qui vient gratuitement tout détruire. Sorte d’ange sorti tout droit d’Evangelion, sa nature restera un mystère. Est-ce une expérience militaire, un extraterrestre sorti d’une faille à la Pacific Rim ? C’est là l’une des forces du film : ne voyant que des témoins de l’histoire, on en saura pas plus qu’eux. Si le système de caméra à l’épaule n’est pas des plus esthétiques – encore qu’on aura vu pire exploitation -, il permet une immersion excellente et change carrément la donne au point de vu budget, affichant un investissement minimal pour un film catastrophe : 20 M$. Et pourtant, les effets sont très crédibles et le design du monstre est plutôt réussi. Même côté histoire le film tient la route, s’appuyant sur des personnages sympathiques et la chronologie n’est ni prévisible ni rectiligne, constamment secouée par des césures et des rebondissements. Alors bien sûr, on restera un peu sur notre faim, mais cela n’a rien de définitif : une suite est en cours d’écriture et est sûre de voir le jour, avec ou sans l’équipe du premier (on parle d’une sorite en 2015). Il est vrai que J.J. Abrams, producteur et tête pensante du film, multipliant les projets et étant engagé sur une future trilogie Star Wars (pour 2015, 2016 et 2017), un Mission Impossible 5 (2015) et un éventuel Star Trek 3 (si un fort maintient rattrape son faible démarrage), sa participation semble déjà compromise. Au pire, ce film se suffit largement à lui-même, n’innovant que très peu mais révolutionnant l’approche cinématographique, créant le blockbuster à petit budget.

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