Monsieur Flynn

Monsieur Flynn
2012
Paul Weitz

Inspiré d’une histoire vraie, le film est l’adaptation de la biographie de Nick Flynn – qui officie au passage en tant que producteur – sobrement intitulée Another Bullshit Night in Suck City, soit « une autre connerie de nuit dans une ville de merde ». Connu pour ses recueilles de poèmes, l’écrivain livre ici une période sombre de sa vie, mais surtout de son père.

Abandonné très jeune par son père (Robert De Niro), Nick Flynn (Paul Dano) aura grandi aux côtés de sa mère (Julianne Moore) jusqu’à sa majorité, mais elle choisit de se donner la mort peu après. Vacant de petits boulots en petits boulots, il échouera dans un quartier défavorisé de New-York, cohabitant avec la misère et la drogue. Un beau jour, alors qu’il n’avait pas eu de contact avec son père depuis 18 ans, ce dernier se manifesta, demandant de l’aide pour un déménagement. Apparemment dans la tourmente, se démenant comme chauffeur de taxi, il disparu comme il est apparu, sans crier gare. Mais quelques semaines plus tard, alors que Nick travaillait dans un centre pour SDF, il croisa son père, lui aussi à la rue.

Parmi les histoires vraies notables sur une descente aux enfers, le film n’arrive certainement pas à se hisser au niveau du film Le Soliste, mais grâce à son excellent casting (notons au passage la présence de Olivia Thirlby) il tire tout de même son épingle du jeu. D’un ton très sombre, il n’hésite pas à montrer la misère humaine dans ses formes les plus décadentes, établissant les plus grands méfaits de l’alcool. Le film contient certaines scènes chocs, mais les plus dures d’entre elles sont imagées, racontant qu’un SDF ne vit généralement pas plus d’un an, ou parlant d’un ivrogne incontinent. Une grande intensité dans l’émotion donc, et une force indéniable dans la narration. Malheureusement, le film étant plombé par d’incessantes longueurs, l’effet dramatique perd en efficacité. Mais le plus problématique est sans aucun doutes son absence de morale, et sa fin plutôt morose, montrant que la vie est une éternelle source de déception. Le film aurait mérité un peu de nuances pour éviter de nous perdre dans son flot de noirceur.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.