Pocahontas 2, un monde nouveau

Pocahontas 2, un monde nouveau
1998
Bradley Raymond, Tom Ellery

Comme souvent avec les grands succès Disney, une suite sort dans les bacs à DVD ou à la télé, mais jamais au cinéma. Mais ici, le choix est tout de même surprenant : Pocahontas a choisit de rester parmi les siens, fin de l’histoire, d’autant que Smith est probablement mort durant la traversée. Malheureusement non, ce dernier est toujours là, et se retrouve même accusé des crimes de son ancien commandant, obligé de prendre la fuite.

Cette suite prend place quelques années après les événements du film. Pocahontas est depuis devenue la représentante officiel des siens, et même si indiens et anglais vivent séparés, leurs peuples tentent de coexister via une colonie bâtie sur celle érigée par l’expédition de John Smith. Mais la menace d’une nouvelle hostilité pèse sur eux, et Pocahontas a bien l’intention de plaider sa cause devant le roi Jacques I°, étant justement choisie comme ambassadrice par John Rolfe, un diplomate britannique.

Bien sûr, le budget pour un film qui ne bénéficie pas d’une sortie en salles est forcément largement inférieur, mais le résultat visuel s’en fait cruellement sentir : si l’image est toujours aussi vive et pleine de couleurs, les traits sont moins fins et les décors infiniment moins détaillés. Une image au rabais, et c’est d’autant plus flagrant de par l’utilisation en début de film de la neige en décor, permettant de grossièrement combler un plan par un énorme bloc uniforme. Une fainéantise qu’on retrouve aussi sur l’animation des visages : dénués de grain de peau ou de nuances. Pire encore, cela touche des fois à la crédibilité même du film quand un personnage passe de la neige à la terre sans avoir de résidu sous ses bottes, et ne laissant ni trace dans la neige ni neige sur la terre. Le film n’est pas non plus moche, il est juste pauvre en détails et en soin. Côté histoire, son mariage indien est éclipsé et on passe directement à sa dernière histoire avec John Rolfe, donc on part sur une base déjà plus respectueuse historiquement (même si l’âge de l’héroïne est problématique puisqu’elle est morte aux alentours de 22 ans) que celle du premier film qui contait une histoire qui n’a jamais eu lieu, d’autant que Pocahontas était censée avoir douze ans. Une réjouissance de courte durée : cette péripétie en terres anglaise est bien morne, son développement est farfelu et les situations grotesques. Mais là où le film fait très fort, c’est qu’en affichant seulement 70 minutes au compteur, il arrive quand même à paraître outrageusement long. Les suites de Disney sont souvent des mauvaises idées, ici plus que jamais.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.