Europa Report

Europa Report
2014
Sebastián Cordero

Après des années dépourvues de nouvelles vraiment capitales sur notre univers, quelques découvertes ont fait sensation ces derniers temps. Outre des traces d’eau passées sur Mars, les chercheurs de petits bonshommes verts ont les yeux tournés vers Europe, l’une des lunes de Jupiter. En effet, cet astre serait recouvert de glace, et une analyse spectrale a prouvé l’existence de courants marins liquides sous cette couche de glace, réunissant ainsi toutes les conditions nécessaires à l’éclosion de la vie, et nul doute qu’une forme de vie marine y habite, mais difficile de dire si cela tient plus de la bactérie que du poisson intelligent. Une question qui trouvera sa réponse en 2022 lors de l’envoi d’une sonde européenne sur place, mais le film va tenter d’y apporter sa réponse.

Alors que ces derniers ont abandonné ce projet, le film nous embarque dans un voyage habité organisé par la NASA (avec à son bord Sharlto Copley et « The Ice Trick Killer », Christian Camargo). Il faudrait six mois à une navette pour atteindre Mars, et plus du triple pour Europe, destination finale de cette expédition spatiale (sachant que le record au monde de jours passés dans l’espace est de 42 jours au total, et non d’affilé). Une entreprise des plus risquées donc, mais le jeu en vaut la chandelle : faire la découverte d’une vie extraterrestre.

Le film ne dure que 85 minutes et pourtant, il faudra près d’une heure à l’équipe pour atteindre Europe, c’est dire la place mineure que son exploration représente. La très grosse majorité du film consiste donc à voir une équipe d’astronautes papoter et témoigner de l’importance de leur mission, inter-coupés par des vidéos des responsables de la NASA ou d’autres sur le décollage. On ne verra ni plans du vaisseau ni plans de l’espace. Oubliez donc les panoramas saisissants de Gravity, rien ne flattera la rétine ici, d’autant qu’on subit l’une des pires réalisations de l’histoire, alternants des séquences baveuses avec des mixes de plusieurs vidéos avec des découpages d’écran. De même, si on retrouve la lassitude et la lenteur d’un 2001 : L’odyssée de l’espace, n’espérez pas non plus retrouver un semblant d’intérêt dans leur traversée spatiale : elle n’est qu’ennui et attente. Puis quand on arrive enfin au vrai sujet du film, Europe, on subit la quasi-absence de budget en ne voyant presque rien de cette lune et en ne faisant qu’apercevoir une déception non-assumée sur la vie qu’on y trouvera. Un film de science-fiction bien pauvre qui, en plus de nous présenter une mission improbable (pourquoi y envoyer des hommes ?), massacre sa propre idée.

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