Jugez-moi coupable

Jugez-moi coupable
2006
Sidney Lumet

Passé complètement inaperçu lors de sa sortie en salle, le film a en effet rapporté moins de trois millions de dollars dans le monde, sa diffusion étant il est vrai limitée. Pourtant, en plus d’offrir un rôle singulier à l’immense Vin Diesel, le film part d’une histoire vraie elle aussi peu banale : celle d’un procès hors normes. De janvier 1987 à novembre 1988, le procès le plus long de l’histoire rassembla dans une même audience vingt prévenus de deux clans mafieux italiens du New-Jersey, convoqués pour un total de 78 chefs d’accusation.

Tout commença une année auparavant, alors que Jackie DiNorscio (Vin Diesel) venait de tomber pour une affaire de drogue, piégé par un agent infiltré. Un coup dur : alors qu’il avait déjà passé la moitié de sa vie en prison, il écopa de trente années de réclusion. La première pierre d’une attaque massive contre l’empire mafieux auquel il appartenait, aboutissant à un procès qui rentrera dans l’histoire. Tous ses amis, ses collègues, tous furent convoqués à un immense procès à l’issue qu’ils voyaient tous sombre, mais c’était sans compter sur leur ami Jackie. Il ne coopère pas avec le FBI, il se refuse à trahir les siens, et fait impensable pour une affaire de cette envergure, il va se représenter seul, sans avocat. Un farceur qui ne pense qu’à faire rire l’assembler, ne craignant ni le juge ni les jurés. Un élément perturbateur imprévisible, faisant trembler les deux bords. Son impact aura été déterminant.

Les films de procès, il y en aura eu plein. Des avec des plaidoiries impressionnantes, des avec des figures emblématiques, des qui tournent à la dérision, tandis que d’autres sont le théâtre des révélations tonitruantes aux répercutions terribles. L’histoire s’est écrite au sein des tribunaux et ce haut lieux de « justice » restera à jamais une pierre angulaire du cinéma. Ici, tout repose sur le fameux Jackie, le tourbillon qui représente la finalité du procès, celui qui pourrait changer la donne. Pour le représenter, un Vin Diesel au charisme mainte fois démontré, pas particulièrement en forme en l’occurrence, mais sa classe naturelle opère à merveille. En revanche, et c’est peut-être pour souligner l’importance de ce dernier, les autres intervenants sont des plus discrets, le seul autre acteur un minimum connu étant Peter Dinklage, principalement connu pour sa petite taille et son rôle dans Game of Thrones. Pour l’histoire en elle même, renforcée par son caractère authentique, elle est bien structurée, très prenante et reposant sur un procès fort alternant témoignages édifiants et interventions intelligentes. Un film d’apparence très classique mais à l’efficacité redoutable qui vaut largement le détour, ne serait-ce que pour son héros si particulier.

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