Last Vegas

Last Vegas
2013
Jon Turteltaub

Parce que les vieux ont eux aussi droit à leur Very Bad Trip, le réalisateur des Benjamin Gates et autres grosses productions tapageuses nous offre un quatuor de sexagénaires et septuagénaires d’exception, tous ayant reçu un Oscar : Michael Douglas, Robert De Niro, Morgan Freeman et Kevin Kline. Dans le film, les quatre hommes sont amis depuis maintenant 58 ans, Robert est veuf et moisit dans son appart tel un vieux loup solitaire attendant la mort, Morgan est traité par sa famille comme un mourant depuis son AVC, et Kevin coule des jours aussi paisibles que monotones avec sa femme qui partage sa vie depuis quatre décennies. Quant à Michael, sa fortune lui offre la possibilité de se marier avec une jeune midinette, et il compte bien fêter ça avec ses potes de toujours à l’endroit le plus festif qui soit : Las Vegas ! Ils n’ont plus vraiment l’âge ni la passion, et quelques rancœurs ternissent le tableau, mais ils pourraient en ressortir tous grandis.

Plus grand succès historique de la jeune société CBS Films (leur premier film étant sorti en 2010), le film n’est finalement pas aussi proche de Very Bad Trip qu’on aurait pu le croire, même s’il n’en est pas plus original pour autant. En effet, si les thèmes principaux de la ville aux casinos et de la fête sont conservés, nulle gueule de bois à l’horizon ni regrets au réveil : il s’agit plutôt de quatre retraités qui vont retrouver la flamme libératrice et dont le séjour servira de bilan sur leurs vies respectives. Amitié, amour, qu’est-ce qui compte le plus ? Y a t-il un âge limite pour le bonheur ? Ce film n’est ni irrévérencieux, ni un délire salace, ni un flot d’alcool et de drogues : il s’agit d’une fête la plus réussie au possible, où tout est réussi sans tomber dans l’extravagance ou la démesure. On peux s’amuser sans boire jusqu’au coma, user de substances illicites ou sauter la première venue. Donc de ce point de vu là, en montrant Vegas sous son meilleur jour, le film réussi très bien son coup, surtout avec un casting pareil. Par contre, pour ce qui est du fond, c’est extrêmement lisse : les personnages sont des caricatures ambulantes, leurs histoires carrément clichées et tout se déroule exactement comme prévu. Une petite cure de bonheur qui fait plaisir, même si particulièrement superficielle sur le fond.

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