Chiens de paille

Chiens de paille
2011
Rod Lurie

Comme pour célébrer l’anniversaire du film original, ce remake arrive tout juste quatre décennies plus tard, avec pour seule mission de remettre l’histoire au goût du jour. Si les chiffres de la version de 1971 ne sont pas disponibles, on peut en revanche presque certifier que cette version a fait moins bien avec ses 11 M$ dans le monde. Ne reste alors que deux possibilités : soit personne ne se rappelle de l’original ou n’a eu envie de voir le remake, soit le résultat est mauvais. Si Alzheimer est probablement passé par là, il a tout de même de quoi douter du potentiel commercial du film, à moins bien sûr que sa fidélité soit en cause.

Scénariste spécialisé en films de guerres historiques pour Hollywood, David Sumner (James Marsden) a décidé de se rendre dans l’ancienne maison du père de sa femme Amy (Kate Bosworth) pour écrire son prochain scripte. Le calme de la campagne, le bon air vivifiant des verts pâturages : une atmosphère normalement paisible et propice à la concentration, mais c’était sans compter sur la populace. Des ivrognes, des violents, brutaux et pervers qui s’invitent chez vous pour se servir grassement dans votre frigo et qui matent salement votre femme, la regardant comme la seule fille potable de la région. Horribles avec les nouveaux, ils ne le sont pas moins entre eux, et la situation aura vite fait de dégénérer.

Une ville qui pue les emmerdes, un gars qui n’y prête pas assez attention : la boucherie est annoncée. Sa femme va y passer et lui se retrouvera au fond d’un coffre le caisson explosé. Bon en fait pas tout à fait, mais ça ne pouvait de toute façon pas bien finir pour tout le monde, c’était écrit. Petite ville = gros problèmes. C’est la base des films d’horreur, et au premier signe de menace il est déjà trop tard pour partir, mais stupidement les concernés vont malgré tout continuer l’expérience, une folie. Mais étrangement, alors que cette situation est un cliché ambulant, le suspens marche et on se prend au jeu. On sent qu’il y a quelque chose de sous-jacent, et quand la séquence American Nightmare arrive, malgré le caractère improbable et surréaliste de la scène, on comprend mieux la logique évolutive psychologique établie. Pas de quoi crier au génie et rien ne saura faire sortir du lot ce film, mais grâce à une bonne mise en scène et des acteurs convaincants, la sauce prend.

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