Belle et Sébastien

Belle et Sébastien
2013
Nicolas Vanier

Plus personne ne s’en rappel vraiment et beaucoup connaissent sans jamais avoir vu. Datant de 1965, la série dont s’inspire ce film est pourtant bien ancré dans l’imaginaire collectif, la preuve en est avec les quasi 3 millions de spectateurs que le film a rassemblé. À la barre du projet, Nicolas Vanier, pourtant plus habitué aux documentaires.

La Nouvelle Guerre des boutons / Belle et Sébastien, même combat : une aventure contemporaine des années 60 transposée durant la seconde Guerre Mondiale. Ainsi, dans un contexte d’extrême tension où les allemands guettent tout signe de tentative de passage des Alpes pour se réfugier en Suisse, un petit village rural tente de survivre tant bien que mal, d’autant plus que leurs troupeaux de moutons sont régulièrement décimés par une bête sauvage, supposément un chien qui s’était enfuit il y a quelques temps suite à la maltraitance de son maître (fait « amusant », il s’agit du Sébastien de la série originale). Mais pour Sébastien, petit garçon du village recueilli par César (Tchéky Karyo), le chien ne peut en être responsable, ayant constaté sa bienveillance. Persuadé de la nature profondément bonne de l’animal, il va tenter de l’apprivoiser et de s’en faire un ami.

Pas une fois, pas un seul instant l’idée de transposer une histoire au cœur de la seconde Guerre Mondiale ne fut une bonne idée. Écrasée par le « devoir historique » et des mentalités forcément fermées et stupides, l’histoire censée être principale du film s’en retrouve fortement amoindrie et d’un point de vu psychologique le film perd tout intérêt, les personnages se transformant en bon petits soldats de propagande. C’est triste… Mais de toutes façons, l’histoire en elle même est largement faiblarde, et se résume en deux points : un garçon et son chien « sauvage », et le combat de la résistance. On pouvait presque croire en un soupçon d’originalité avec le nazi repentant, mais le film n’assumera pas son idée jusqu’au bout. Qui a t-il alors à sauver de ce film ? Une belle histoire entre un garçon et son chien ? Non, Sébastien est un demeuré insupportable. Mais oui, le chien est très beau et attendrissant, bien que reflétant très fort la bêtise humaine. Pas non plus de bons acteurs, tout juste se consolera t-on avec des musiques mignonnes, bien qu’encore une fois très pauvres au niveau intellectuel. Un seul point du film est indiscutable : l’excellence de sa réalisation, nous régalant de plans aériens de paysages montagnards. Décemment trop peu pour nous happer, ou tout du moins atteindre le public adulte.

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