La Vie rêvée de Walter Mitty

La Vie rêvée de Walter Mitty
2014
Ben Stiller

Souvenez-vous, c’était le 17 septembre dernier. Face au potentiel infini que représentent les rêves, et avec une bande-annonce qui laissait entendre une belle aventure onirique, mes pronostiques s’étaient un peu emballés, et le bilan fut très loin de mes espérances (188 M$ réels contre 440 M$ estimés). Et effectivement, le résultat va s’avérer très en dessous de ce qu’on pouvait attendre d’une telle idée avec autant de moyens.

Remake d’une comédie de 1947, le film nous emmène dans un voyage au cœur de l’esprit de Walter Mitty (Ben Stiller), vieux garçon qui n’a malencontreusement jamais rien fait de sa vie. Désespérément seul, il n’a guère que son imagination pour espérer échapper à son triste quotidien, d’autant que même ce dernier devient incertain : le magazine de photographie où il travaillait a été racheté et pourrait disparaître sous peu. Et cela voudrait aussi dire adieu à sa belle collègue de travaille Cheryl (Kristen Wiig) qu’il n’a jamais osé aborder. Mais sa vie va prendre un tournant avec le dernier numéro papier du magazine : leur célèbre photographe Sean O’Connell (Sean Penn) a expressément demander d’utiliser sa photo numéro 25 pour la couverture du magazine, mais cette dernière a disparue. Le problème, c’est que Sean est aussi populaire que mystérieux, et personne ne sait où le trouver. Dans une aventure qui le mènera aux quatre coins du globe, Walter va tenter de retrouver la trace de cette mystérieuse photo n°25.

Le ciel s’ouvre, laissant entrevoir dans un halo de lumière la silhouette d’une femme. La brume se disperse, les formes se précisent : il s’agit d’une proue à l’effigie d’une sirène. Stupéfiant des milliers de spectateurs incrédules, un immense voilier de l’ancien temps déchira le ciel, vide, ou presque. Se tenant à la barre, un homme fier, le regard précis, transcendé par l’esprit d’aventure. Voilà le genre de symbole fort que la technique d’aujourd’hui pourrait permettre. Au lieu de ça, le film joue encore plus les petits bras que le déjà frileux Inception, heureusement plus accompli sur certains points scénaristiques. On devra se contenter de rêves sans envergures, sauf peut-être la bataille dans les rues de New-York, mais le point de départ étant hautement débile, le spectacle s’en retrouve alourdi. Une imagination franchement décevante qui n’arrive presque jamais à nous emporter, et il faudra déjà attendre près de la moitié du film pour qu’une once d’aventure pointe le bout de son nez. On reste malgré tout happé, pas par le jeu de piste minimaliste, mais par le mystérieux photographe qui intrigue, et puis après tout certains paysages valent le détour. Les principaux tournants de l’histoire sont aussi facile que l’humour, mais par rapport à tout ce qui a précédé, la fin est plutôt bonne. Un film qui en restera aux intentions, très sympathique mais oh combien décevant compte tenu du potentiel.

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