Grand Piano

Grand Piano
2014
Eugenio Mira

Chaque semaine apporte son lot de films en DVD, dont beaucoup ne sont jamais sorti en salle et dont vous n’avez jamais entendu parler. Alors comment s’y retrouver ? Facile, allociné a pensé à vous et vous concocte une émission de qualité toutes les deux semaines. Mais si parmi leurs choix on retrouve le très bon Exam ou l’extraordinaire, que dit-je la révélation ultime et immanquable du Man from Earth, d’autres sont plus discutables, voir incompréhensibles comme Lost Destination. Quelque part entre les deux, ce film va s’avérer très loin du Phone Game qu’on nous vendait.

Le stresse de la scène : un mal aussi terrible que jouissif, mais certains n’y résistent pas. Effectuant « La Cinquette », morceau de musique considéré comme le plus dur qui soit en raison de la dextérité exigeante qu’il réclame, le génie virtuose du piano Tom Selznick (Elijah Wood) s’y était pourtant cassé les dents il y a cinq ans, tellement humilié qu’il avait mit un terme à sa carrière balbutiante. Mais après tant d’années, le voilà enfin prêt à remonter sur les planches pour un concert exceptionnel. Seulement arrivé sur scène, le cauchemar reprit : un sniper est planqué dans la salle et le menace de les tuer lui et sa femme s’il ne fait pas exactement ce qu’il veut.

La référence à Phone Game est plutôt perspicace dans le sens où il s’agit d’un huis clos, la cabine téléphonique étant remplacée par une salle d’orchestre, et le personnage principal possède un contact téléphonique avec un homme mystérieux qui le fait chanter. Mais la comparaison s’arrête là : l’identité de l’assaillant n’est pas un grand suspense (John Cusack étant cité en seconde place au générique, on se doute bien de sa place de choix), son mobile est classique, et il n’y a point de public véritablement témoin et on perd donc le plus gros du jeu de son modèle. De plus, la situation met un peu trop de temps à s’installer, d’autant qu’elle n’affecte pas de façon cohérente l’assemblée. Pourquoi personne ne réagit en voyant le musicien principal de l’orchestre quitter la scène au beau milieu de sa partition ? Les génies sont fous et extravagants, mais l’absence de réaction choque. Reste aussi le problème de la fin, bizarrement bourrin et se clôturant à l’aide d’un subterfuge trop facile. On a plaisir à retrouver Frodon bien sûr, et la structure du film, si elle ne souffrait pas de la comparaison, serait presque bonne, mais globalement le film fleure trop l’amateurisme.

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