Happythankyoumoreplease

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2011
Josh Radnor

Après Afternoon Delight, le processus de deuil continu pour How I Met Your Mother dont la vedette signe ici – en plus de tenir le rôle principal – le scénario, et a assuré la réalisation. Un tout premier film à la sortie confidentielle puisque n’ayant connu que des sorties limitées dans la poignée de pays l’ayant accueilli, et il reste aujourd’hui encore, trois ans après sa sortie, inédit en France. Mais de toute façon, pour tout fan qui se respecte, voir son héros dépossédé de sa voix originale serait un crime.

New-York, la vie avec les potes, on en sort jamais vraiment. Écrivain dont l’inspiration ne dépasse jamais la nouvelle, Sam (Josh Radnor) vie pourtant tant bien que mal de son art, mais son dernier entretien s’est très mal passé. Pas évident de rester concentré quand on doit s’occuper d’un petit orphelin, séparé de sa mère d’accueil et qui préfère rester avec lui. Mais d’un autre côté, lui qui est si seul, l’arrivée de ce petit garçon pourrait lui être salvatrice. Un ami très spécial qui lui donne envie de se dépasser, et peut-être même rencontrer l’amour en la personne de Mississipi (Kate Mara), cette sublime femme qui travaille au bar et qui chante. Pour Mary (Zoe Kazan), l’amour a déjà été trouvé, mais face aux incertitudes professionnelles, l’arrivée d’un bébé pourrait tout chambouler. Meilleure amie de Sam, Annie (Malin Akerman) ne croit plus en l’amour ni en elle même depuis la découverte de sa maladie de l’alopécie (perte des cheveux / poils). Mais dans la vie, même si rien de bien n’arrive, il ne faut jamais perdre espoir, toujours dire merci et continuer à espérer davantage.

Ah ce spectre qui plane ! Neuf glorieuses saisons, ça laisse des marques. Et quand on voit les histoires sentimentales de plusieurs couples au sein d’un groupe d’amis, difficile ne pas y voir un signe. New-York est un peu notre équivalent de Paris : beaucoup trop de films y sont tournés, et entendre des discours sur ses qualités sonne redondant, pour ne pas dire ennuyeux. L’aspect de cette romance est elle aussi très classique, à un point quasi exacerbant : la structure se construit sur une rencontre, qui évoluera en amour, mais un événement va briser cet amour naissant peu avant la fin, pour finalement rentrer dans l’ordre parce que dans la vie il faut se bouger le cul. Mais classique ne veut pas dire foncièrement mauvais, surtout que ce film ne manque pas de personnalité. Optant pour un style nonchalant et volontairement négligé, le film s’inscrit dans la tradition des films d’auteur, très surréaliste et à l’ambiance presque glauque. Malheureusement, toutes les histoires ne se valent pas. Celle de Mary qui est terrorisée à l’idée de déménager de New-York est assez plate, celle de Sam et son fils adoptif, avec son amour en toile de fond, est elle sympathique, surtout grâce au talent d’acteur de Josh Radnor, mais le véritable coup de cœur du film est à mettre au crédit de Annie. Touchante et poétique, son histoire est de loin la plus profonde de toutes, et Malin Akerman est franchement irrésistible malgré son physique de cancéreuse. Classique sur la forme mais singulier sur le fond, le film risque d’en laisser plus d’un circonspect, mais il s’agit là d’une première réalisation très prometteuse.

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