Liberal Arts

Liberal Arts
2012
Josh Radnor

Décidément ancré dans le cinéma d’auteur pour des films indépendants ne sortant qu’en anglais dans une poignée de pays – mais jamais en France où il n’a même pas eu droit à une sortie DVD -, Josh Radnor signe donc son second film après l’intéressant et étrange Happythankyoumoreplease. Toujours obsédé par son personnage de loser lunatique qui revendique sa différence, avec l’éternel New-York qui plane au dessus de toutes ses œuvres, l’acteur / réalisateur / scénariste livre un film plus abordable, bien que dans la droite lignée de l’ambiance surréaliste-dépressive précédemment instaurée.

Chargé du recrutement des étudiants d’une université, Jesse (Josh Radnor) ne travaille qu’une petite partie de l’année, se morfondant le reste du temps à lire des livres profonds et intellectuels. À 35 ans, il était temps de subir un électrochoc pour se bâtir une meilleure vie, et c’est alors qu’arriva Peter (Richard Jenkis), un de ses anciens professeurs de faculté avec qui il avait bien sympathisé, et qui l’invita à sa fête d’adieu, prenant sa retraite. Une journée au cours de laquelle il fit la rencontre de Zibby (Elizabeth Olsen), la ravissante fille d’un couple d’amis venus à la soirée et qui entre en seconde année d’université. Une très agréable rencontre qui aurait pu en rester là, mais c’était sans compter sur Nat (Zac Efron), un illuminé qui a réussi à le persuader à aller à une fête de jeunes, où il recroisa Zibby. Un fait du destin pour une alchimie évidente, mais difficile d’oublier les 16 ans d’écart entre eux.

Un homme en proie avec la crise de la quarantaine, une idylle avec une jeune fille : la référence au classique Manhattan est plus que flagrante. Mais la grande différence c’est que l’homme est un peu moins vieux, et que la fille est majeure, rendant les choses plus normales et surtout légales. Néanmoins, le film est nettement moins écrasé par New-York, « the greatest city in the world », et le film aurait presque tendance à en prendre le contre-pied, affirmant les talents du réalisateur débutant avec un style beaucoup plus enchanteur pour les passages dans l’Ohio. Une réalisation qui aide beaucoup à la poésie du film, accordant plus que jamais de l’importance à la couleur de la nature et au reflet de l’âme humaine dans le regard. Un style qui s’affirme et qui ravit. Mais plus qu’une ambiance, le film livre une belle histoire attendrissante portée par de très bons acteurs, et le scénario est particulièrement bien aidé par la mise en scène magique qui donne de l’importance à chaque chose, si bien qu’on ne peut jamais dire qui sera récurrent et qui n’est que de passage. Néanmoins, à force de prendre le contre-pied de tout, le film se tire un peu une balle dans le pied par moments, et en résulte quelques déceptions d’envergure, laissant au final un petit goût d’amertume. Josh Radnor prouve définitivement son talent d’acteur et de réalisateur, même s’il reste beaucoup à faire du côté de l’écriture, mais le potentiel est assurément là.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *