Crisis Core : Final Fantasy VII


Crisis Core : Final Fantasy VII
2007
PSP

Incontestablement l’un des meilleurs RPG de tous les temps, Final Fantasy VII est une légende, une fierté, une hantise. C’est bien là l’un des problèmes fondamentaux de Square Enix : le poids écrasant de l’héritage. S’il y a bien sûr eu quelques excellents jeux comme Final Fantasy IX égalant presque le niveau scénaristique de son prédécesseur, il semblerait que quelque soient les efforts de la firme, leur meilleur jeu restera à jamais Final Fantasy VII. Alors évidemment, le jeu commençant à accumuler pas mal d’années, l’idée d’un remake serait à la fois une idée recevable et comblerait la demande inlassable des fans, mais ça serait s’enterrer définitivement sous le souvenir de ce triomphe passé. Voilà donc de quoi contenter tous le monde : un jeu reposant sur l’univers du jeu originel, faisant office de préquel sur l’histoire de Zack, l’ami de Cloud, lui aussi du Soldat, et qui était en partie responsable de sa schizophrénie. Un jeu d’une ambition immense, qui se voulait comme le porte étendard d’une console à la peine, mais qui ne tiendra malheureusement pas toutes ses promesses.

Graphismes : 16/20

Le jeu se voulait comme une démo technique de ce que la console pouvait proposer de mieux en matière de graphismes. Si les cinématiques sont effectivement d’une rare qualité et que le jeu est effectivement très impressionnant, le bilan n’est pas pour autant aussi parfait. En terme de modélisation brute, le jeu est quasi parfait, reproduisant des personnages non seulement très proche du style de son illustre modèle, mais en plus d’une netteté rare. Les décors sont eux aussi plutôt bons, gardant l’esprit futuriste mêlé avec du fantastique. Le bestiaire ne déstabilise pas non plus à quelques clones ratés près, reprenant des monstres bien connus. Les boss sont classes, rien à dire, même la direction artistique est convaincante. En revanche, les vues panoramiques sont inexistantes, la distance d’affichage mauvaise à cause d’une caméra rendant parfois l’action illisible, et la redondance des environnements nuit gravement à l’expérience de jeu. Pas très visible dans le scénario, elle est insupportable dans les missions, tournant pour 95% d’entre elles dans les quatre mêmes zones (caves, désert, montagne et plaine). Pire encore, sans doute pour gagner un peu d’espace sur l’UMD, le jeu se paye par moment des séquences de dialogue à très basse résolution, et c’est pour le coup vraiment laid.

Jouabilité : 13/20

Attendu comme un action-RPG bourrin, ultra dynamique et jouissif, reprenant en plus le système exceptionnel des matérias si primordiales à la cohérence du jeu, expliquant la source de tout pouvoir, le jeu n’est pas à la hauteur des attentes. On pourrait même parler d’accident digne de Final Fantasy X. Dans l’absolu le jeu est très bon avec des déplacements intuitifs, l’esquive, la parade, les différentes attaques avec un menu clair et d’un accès impeccable et on retrouve un système d’équipement exigent demandant des choix de protections difficiles, avec les fameuses matérias, possibles de fusionner pour des pouvoirs magiques plus grand encore, avec à la clef des augmentations de stat sans précédents, bien que le coût en PS soit souvent rédhibitoire, demandant une patience de longue haleine. Des combats jouissifs donc, mais souffrant d’une idée des plus néfastes : l’OCN. Fini l’expérience, la progression, tout ça est désormais du domaine du hasard, au bon vouloir d’une machine à sous de casino, que ce soit pour les niveaux du personnage, de ses invocations ou même de ses matérias. Un pur produit de la chance pour un chaos incontrôlable et indigeste, cassant au passage l’action à chaque alignement de deux icônes identiques. Un pétard mouillé qui laisse une vilaine impression. Alors quand on a des missions d’une difficulté grotesque qui nécessitent un niveau aberrant, l’attente peut se montrer rédhibitoire, et beaucoup n’auront pas la patiente de finir les 300 missions, d’autant que les récompenses débloquées ne servent plus à rien. Mais de toutes façon, si les 299 premières sont envisageable, l’ultime épreuve est une très mauvaise blague. Même avec les meilleures pièces d’équipement âprement gagnées, même avec des matérias au bonus maximum, même avec un niveau 99 et le maximum de stat partout, le boss de la dernière mission est une hérésie : des frappes à quelques 2500 contre des retours allant souvent à 99 999, obligeant à passer le plus clair de son temps à se défendre, se soigner, tout ça pour égratigner une déesse de dix millions de PV (soit avec un ambitieux score de 10 000 dégâts par minute un total de 16 heures acharnées, ce qui n’est pas faisable). Mais de toute façon, les missions ne servent à rien et sont des plus chiantes, mais cela n’enlève rien au ratage impardonnable de l’OCN capricieux.

Durée de vie : 14 /20

En dehors de missions, le jeu est globalement assez facile, et on peut plier le jeu en une dizaine d’heures. Mais pour les acharnés du 100% (enfin ils bloqueront à 99,99%), il faut compter presque 60 heures pour venir à bout des 299 missions (+1 pour ceux qui ont envie de recevoir la correction de leur vie et ne pas tenir plus de quelques secondes), avoir un OCN complet et un équipement de rêve. Mais comme l’ennui nous guette très vite, on préférera se concentrer sur la trame principale.

Bande son : 15/20

Difficile de passer après le mythe et ses musiques devenues cultes, que le jeu reprend de toute façon avec parfois des mixes un peu bancals, mais l’approche techno instaurée marche assez bien, collant avec le dynamisme du système de jeu. Les doublages sont en grande partie présents, et ceux qui prêtent leurs voix sont plutôt bons, quoiqu’un peu caricaturaux, d’autant que les textes sont parfois un peu enfantins malgré les sombres enjeux de l’histoire.

Scénario : 12/20

C’est sans doute le point qu’on attendait le plus au tournant, et quelle déception… Certes, on en savait déjà beaucoup sur Zack, un membre de choix du Soldat avec qui Cloud avait sympathisé et qui avait eu une romance avec Aerith, de l’incident de Nibelheim à la tragédie finale, mais il semblerait que le jeu ait été incapable d’étendre plus l’histoire. Le héros est très peu charismatique finalement, les nouveaux venus Angeal et Genesis n’intéressent que trop peu, et l’histoire de dégénération et de clones est tout simplement médiocre. On croise des têtes connues par ci par là, des recoupements, des clin d’œil comme celui du sort de Genesis par rapport à Advent Children, de même que Cissnei, mais la trame originale est tellement faible, notamment en la comparant avec le chapitre de Nibelheim, clairement d’un autre niveau. On a l’impression de voir une version longue des flash-back du jeu original, avec l’une des amorces les plus longues jamais vue. Alors certes, il faut relativiser tout ça car l’univers qui reste excellent et dont la fin est magnifique, mais on se sent irrémédiablement floué.

Note Globale : 14/20

Attendu comme le messie, celui qui donnerait envie à tous de craquer pour la PSP, qui comblerait tous les fans du septième jeu, et ils sont nombreux, le jeu, bien que fondamentalement bon, est à certains points de vu une amer déception. On a l’histoire qu’on voulait, les musiques de l’époque avec une touche de modernité, des graphismes au top et une jouabilité d’une rare dynamique, mais on se retrouve aussi avec beaucoup d’ajouts très regrettables. L’OCN rendant hasardeux la progression est abjecte, les à côté sont ennuyeux, l’histoire inventée à l’occasion ne fonctionne pas, et une redondance terrible frappe aussi bien les décors que les missions ou même l’histoire. Le cheminement en couloirs s’en retrouve même complètement secondaire car beaucoup moins problématique. Trop d’espoirs furent placés dans ce jeu et il été déraisonnable de en lui demander autant que sa suite chronologique de 1996, mais c’est à peine si on reconnait l’univers. Un jeu qui a visiblement été l’objet d’un soin énorme et il reste très plaisant à jouer, mais son rôle de préquel inoubliable n’est pas respecté.

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