Expendables 3

Expendables 3
2014
Patrick Hughes (II)

Il y a quatre ans Sylvester Stallone réussissait un plutôt beau tour de force : celui de rassembler des figures emblématiques des années 80, des has-been, et de faire avec eux un gros film d’action d’antan complètement con mais jouissif. Et même si le scénario était effectivement nulle, Expendables avait de solides arguments qui ont permit de bâtir un second opus qui a bien prit note des critiques et qui s’était imposé, malgré un léger recul aux Etats-Unis, comme un gros film bourrin terriblement drôle et au succès encore plus important (305 M$ dans le monde). La machine était alors repartie avec de nouveaux noms prometteurs, un premier teaser sympathique sur fond de musique de Noël pour les fêtes : on y croyait. Mais quand vint l’heure de la présentation, avec des choix d’auto-censure pour viser un plus grand public (visant à obtenir une classification PG-13), les réponses furent mitigée et le résultat sanglant : plus de 50% de baisse à domicile et des recettes totales au box-office qui n’atteindront peut-être pas les 200 M$, ce qui représenterai une sacré claque (bien que minime par rapport à la chute de 80 % de Sin City).

Jamais très forte quand il s’agit de justifier le bain de sang habituel, la saga ne fera pas exception à sa propre règle avec ce troisième volet. Cette fois engagé par un certain Max Drummer (Harrison Ford), les Expenadables (Sylvester Stallone, Couture, Lundgren, Crews, Austin, et Jason Statham, Jet Li ne faisant qu’un léger caméo vers la fin avec Arnold Schwarzenegger, lui un peu plus présent) sont chargé d’arrêter un terrible vendeur d’armes. Après avoir fait un petit détour pour récupérer leur vieil ami Doc (Wesley Snipes), l’équipe va faire face à un vieux démon, un ancien collègue qu’ils pensaient mort : Conrad Stonebanks (Mel Gibson), devenu le trafiquant qu’ils traquent. Une mission jugée trop dangereuse pour eux selon Barney (Syl) qui souhaite apporter un peu de sang frais dans l’équipe.

On passe le relais, mais pas trop. Si le second film avait maintenu l’intérêt en portant le débat à un niveau ahurissant en terme de spectacle, il fallait que ce nouveau film marque une rupture suffisante pour renouveler la formule, sans quoi cela marquerai la fin de la saga (et c’est peut-être déjà trop tard). Malheureusement, cette suite ne parvient pas à proposer un contenu original. Si Wesley Snipes est relativement intéressant et que Antonio Banderas est très amusant, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. La structure narrative est ultra classique, le scénario mauvais, la réalisation bancale, et le grand méchant de l’histoire est médiocre. L’acteur n’est responsable de son échec, il ne fait que subir le vide de son personnage et la bêtise de ses actions. Pourquoi ne pas avoir tirer dès le début ? Pourquoi une fin aussi minable ? Pourquoi avoir fait tant de musculation pour au final ne porter que des chemises amples ? Et que dire des nouvelles recrues « jeunes » ? Avec un casting réunissant autant de figures de légendes, il est impensable de constater que la plus grande « star » parmi les petits derniers est Kellan Lutz, aussi mauvais et arrogant qu’à l’accoutumée. Bien sûr, la formule reste toujours très distrayante, et la séquence d’ouverture est énorme. En revanche, tout le milieu du film est à jeter. L’attente est longue pour assister à la purge tant attendue de fin de film, massacrant des barres d’immeubles à grand coup d’hélicoptères et de chars. Un spectacle de qualité si on excepte l’immense gâchis du méchant, mais le chemin pour y parvenir est ennuyeux, notamment à cause de l’interminable présentation des nouveaux dont on s’en fout méchamment : tous assez inutiles mise à part Simon Phoenix et le chat poté. Et même côté humour la sauce prend moins bien : des jets de vannes peu inspirées et redondantes. Bref, une formule très similaire mais à l’inspiration en berne et à l’efficacité moindre. Et avec des résultat en salles plutôt dégueulasses, une suite n’est pas assurée de voir le jour, brisant nos fantasmes de rencontres insolites à l’écran. Dommage mais pas étonnant.

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