Ordure !

Ordure !
2014
Jon S. Baird

Nom de Dieu que ce fut long ! Près d’un an et demi depuis la diffusion de la bande-annonce déjantée qui laissait espérer tant de choses, plus d’un an depuis la sortie en Angleterre du film au succès pourtant respectable, voilà enfin le film débarquant chez nous, même si cela se fait sans passer par la case cinéma. Pas exactement ce que j’en attendais, il aurait quand même été dommage de passer à côté de cette production hors du commun.

Dans cette bonne vieille Ecosse imbibée de whisky et bière, il se trouve le flic le plus pourri au monde, une ordure de première : Bruce Robertson (James McAvoy). Il brigue la place de lieutenant, et il est prêt à tout pour y parvenir, surtout si cela consiste à liguer ses collègues les uns contre les autres (avec parmi eux Jamie Bell et Imogen Poots). Bourré du matin au soir, toujours le nez dans la poudre, shooté en permanence aux médocs, il gère son petit monde comme il l’entend, mais ce genre de comportement fini toujours par vous retomber sur le coin de la gueule…

Le postulat du film n’est finalement pas si original que ça : un flic junkie, ça n’est ni le premier ni le dernier qu’on verra. On pouvait s’attendre à ce que ses doses et son comportement atteignent des sommets inédits, mais même si on a quelques scènes chocs comme celle avec la mineur, ça ne va pas si loin que ça. En revanche, là où le personnage marque des points décisifs, c’est au niveau de l’interprétation. Immense acteur dont le talent n’est plus à démontrer, James McAvoy livre ici une prestation troublante de réalisme qui justifie à elle seule la visionnage du film. Il contribue pour beaucoup à l’ambiance du film, très réussie et complètement psychédélique. Les visions hallucinées ne sont pas très inspirées mais ça fonctionne bien. L’histoire est bien ficelée, rythmée, construite sous forme d’indices qui se regroupent au fur et à mesure, et on ne peut qu’être bluffé par certaines révélations finales, loin des spéculations qu’on pouvait s’imaginer. Un dernier retournement nous attend aussi, tranchant un peu avec le style précédent pour nous faire croire à une bifurcation, mais la dernière scène retrouvera la « raison ». Au final donc, le film est relativement classique sur le fond, mais c’est là tout l’art et la manière de faire, nous embarquant avec brio dans cette folie ambiante.

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