Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde

Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde
2011
Stéphane Kazandjian

Un titre à rallonge, un style documentaire difficile à vendre sur fond de crise dont on a que trop soupé, un réalisateur aux films massacrés par les critiques et qui ont bidé en salle : le destin du film était scellé d’emblée. Et ça n’a pas raté : moins de cent mille entrées au compteur. De toute façon pas terrible, le film avait pourtant un certain potentiel.

Se présentant sous forme de documentaire sur Michel Ganiant (François-Xavier Demaison), le film nous offre en la personne de Jospeh Klein (Laurent Lafitte), journaliste free-lance, une plongée au cœur du monde de la finance. Gauchiste moralisateur avide de scandales et déballages publiques, il rêve de dévoiler de sombres affaires entourant le très réputé patron du CAC 40 Michel Ganiant, qui dans un souci de transparence totale va accepter d’accueillir dans son intimité le journaliste.

Le film repose principalement sur deux choses : l’antipathie du journaliste, qui nous bassine avec ses idées bien-pensantes et quasi communistes, servant à renforcer le deuxième point, à savoir le fameux Michel Ganiant. Espiègle, fourbe, arriviste : il est le prototype ultime de l’homme qui a tout comprit à la vie et dont la réussite est indiscutable. Il jubile de sa condition indécente, preuve s’il en fallait que l’argent rend heureux. Il est le capitaliste suprême dans toute sa splendeur, un icône ambulant. Mieux encore, c’est quelqu’un de convivial, jovial et au sens de l’humeur particulièrement développé. Un personnage franchement excellent, superbement interprété et qui fait à lui seul le film, et de toute façon c’est un peu le seul acteur bon du film. Seulement voilà, le rire marche un temps, mais le côté moralisateur du film se fait lourd, l’aspect politico-financier saoule et le principe s’effrite. Dommage car il avait en plus une réelle originalité au niveau mise-en-scène, et le côté acerbe de son humour marchait parfaitement bien.

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