Omar m’a tuer

Omar m’a tuer
2011
Roschdy Zem

Sordide affaire survenue en 1991, le film revient sur le meurtre de Ghislaine Marchal, partie en laissant supposément derrière elle une ignominie : “Omar m’a tuer”. Comme quoi, on peut être vieux, avoir fait fortune et pourtant ne pas savoir écrire. Ce fameux Omar, ça n’est nul autre que le jardinier de la victime, Omar Raddad (Sami Bouajila), marocain incapable d’aligner deux mots en français, souvent à demander des avances sur salaire pour régler son ardoise au casino, et surtout bourreau tout désigné. Seulement voilà, les preuves contre lui sont maigres, des pistes sont inexplicablement oubliées, et certains rapports de polices sont incohérents. Romancier qui sent le bon filon polémique, Pierre-Emmanuel Vaugrenard (Denis Podalydès) va décider de mener sa propre enquête à son sujet.

Pour les plus jeunes ou les moins attentifs d’entre nous, cette histoire nous est passé assez largement au dessus de la tête, permettant ainsi de suivre le film comme si on découvrait tout au fur et à mesure. Malheureusement, l’enquête n’a rien de très intéressant, et pour cause, il semble ne jamais en avoir eu. En effet, le film prend totalement le parti d’Omar, passant sous silence toutes les preuves contre lui (difficile de croire que rien de solide ne fut apporté), démontrant point par point que la police a bâclé son travail, que sans doute à cause de membres racistes un lynchage a eu lieu, allant jusqu’à falsifier des documents pour l’incriminer, lui qui n’était vraisemblablement même pas là le jour du meurtre. Pour le film, il n’y a pas à tergiverser : Omar est un saint homme trahis par une justice corrompue. Reste en revanche à savoir la part de professionnalisme du film, probablement à la neutralité biaisée. Bon après, l’histoire étant tirée de faits réels, la trame globale ne surprend guère, donc rien de non plus très probant à ce niveau là. Par contre, il faut reconnaître que l’interprète de Omar est assez bluffant, à condition bien sûr de croire le film sur parole sur la blancheur immaculée de son personnage principal. Bien fait donc, mais l’histoire n’est pas passionnante et le film dénonce trop grossièrement.

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