L’Enfance nue

L’Enfance nue
1969
Maurice Pialat

Une filmographie presque vide et pourtant, Maurice Pialat a obtenu au cours de sa vie plus de prix que la plupart de son confrères réalisateurs, imposant son style naturaliste, au plus près de la réalité, qui pollue aujourd’hui le cinéma français tant c’est un genre mort, souvent ennuyeux et inintéressant. Le cinéma, ça n’est pas fait pour rappeler aux gens leur quotidien de manière insipide. Mais bon…

Pratique courante à l’époque, nombre de familles choisissaient d’abandonner leur enfant, soit parce qu’il était une déception, soit faute d’argent, soit pour cause de mortalité accrue, auquel cas certains orphelins venaient gonfler les listes. Les changements de foyer ne leur apprenant ni à faire confiance ni à aimer, la plupart de ses enfants tournaient mal, se ragaillardissaient et devenaient de vils délinquants. On suivra ici le tumultueux parcours de François, tout juste dix ans, toutes ses dents mais pas toute sa tête.

Bienvenu dans la quatrième dimension. Difficile de croire que du temps de nos parents, pareils gens se baladaient en toute liberté. C’est tout de même extrêmement dangereux ! Non seulement ils sont dangereux pour eux, mais surtout pour les autres. Alors leur confier des enfants, surtout de ce type, c’est de la folie pure et dure. On donne les pires gamins possibles à des espèces de vieux dégénérés consanguins, et après on s’étonne que ça parte en vrille. Déjà que la première famille était très spéciale, mais alors la deuxième, la deuxième ! C’est bien simple, si une personne avec un QI de 60 se pointerait, il serait un génie absolu. La logique n’avait visiblement pas encore été inventée à l’époque, de même que les bonnes manières, la bienséance et la morale. Si c’est ça la réalité de l’époque, alors il y a de quoi trembler de peur à l’idée que nos parents y ont grandit. On en rit parfois, mais la plupart du temps c’est juste lamentable. Néanmoins, on voit d’où puise ses inspirations une certaine émission. Ainsi naquit Groland.

Ce contenu a été publié dans Cinéma, Critiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.