Take Shelter

Take Shelter
2012
Jeff Nichols

Après un Shotgun Stories très remarqué quatre ans plus tôt, celui qui allait faire un an plus tard l’acclamé Mud – Sur les rives du Mississippi avait déjà frappé très fort avec son second long-métrage, pas sorti nationalement, mais pas mal présent quand même, surtout dans les festivals où il fut récompensé à de nombreuses reprises. Encensé dans des propensions monumentales, ce drame psychologique n’est pourtant pas un modèle de perfection, loin s’en faut.

Phénomène courant, classique même, les terreurs nocturnes pèsent plus ou moins lourd selon la personne. Depuis quelques jours, Curtis (Michael Shannon) souffre de visions cauchemardesques violentes, annonciatrices pour lui d’une destructrice tornade qui pourrait mettre en danger sa précieuse famille. Une obsession croissante qui le fait passer pour un fou auprès de tous, même sa femme (Jessica Chastain), surtout avec sa mère internée très jeune pour schizophrénie aiguë. Folie ou prémonition ?

L’esprit humain est une chose bien torturée et il peut s’en passer des choses à l’intérieur de nos étranges têtes. Des histoires de gens ayant rêvé d’un accident qui est réellement arrivé des semaines voir des années après, on en entend souvent, mais y être confronté est difficilement concevable, et tant que l’incident en question n’est pas survenu, le prophète amateur n’est rien de plus qu’un cinglé qui part en vrille. C’est donc là le point de vu du film : confronter un homme persuadé du caractère prophétique de ses visions à un monde prêt à lui mettre la camisole. C’est très intéressant en soit, d’autant que les acteurs sont excellents et la mise en scène restitue bien le climat de tension, mais au niveau scénario ça reste très limité. Rien de surprenant, tout arrive de façon logique et prévisible, et au final le film ne pousse pas très loin son concept. Mais le plus embêtant est son rythme, particulièrement poussif. Il n’y a pas grand chose à creuser, la psychologie étant très terre-à-terre, étirant une histoire faiblarde sur une trop grande longueur par soucis de suspense, pas vraiment présent d’ailleurs. Un film globalement bien fait malgré tout, relativement intéressant, et on ne pouvait pas tellement espérer mieux vu le sujet.

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