Captives

Captives
2015
Atom Egoyan

Une chute de cheval, un voyage à Paris, un vilain voisin, une leucémie ou un accident de voiture : les occasions ne manquent pas pour perdre l’être aimé. Matthew (Ryan Reynolds) ramenait simplement ce jour là sa fille de la patinoire, faisant néanmoins un petit arrêt pour acheter une tarte. Il l’avait laissé cinq minutes à l’arrière de la voiture, et il doit désormais vivre avec le poids de son incompétence sur la conscience, ayant disparu pendant ce laps de temps. Un choc d’autant plus terrible que sa femme lui reproche à juste titre l’enlèvement de sa fille, et de surcroît la police (Rosario Dawson et Scott Speedman) le suspecte d’y être lié à cause de ses problèmes d’argent et d’un délit recensé dans sa jeunesse, perdant de vu l’objectif principal et faisant ainsi preuve d’une incapacité lamentable. Sept ans plus tard, les recherches reprennent : elle pourrait être devenue l’appât d’un réseau de pédophilie sur internet.

Quand on est québécois et qu’on ne s’appelle pas Dolan, difficile de se faire entendre. Malgré quelques visages bien connus (incluant Bruce Greenwood et Kevin Durand, plus sympathique que jamais), le film n’a pour ainsi dire pas connu de sortie cinéma. Pourtant, le film est loin d’avoir des airs de téléfilm et se trouve même être un plutôt bon thriller. L’histoire est extrêmement classique, mais sa forme change pas mal. En effet, on donne aux spectateurs pratiquement toutes les clefs d’emblée : on sait qui est le ravisseur, ce qu’il est advenu de la fille, et les plus importantes graines concernant le dénouement sont déjà semées. De plus, le fait que la police soit une bande d’incapables change la donne en renforçant le désespoir des parents, soumit à une torture psychologique vraiment intéressante. L’empathie marche formidablement bien, pas spécialement grâce au talent des acteurs, mais plus grâce à la construction et à la mise en scènes maîtrisées. Rien de surprenant ni d’innovant, mais le sujet est traité avec justesse, et c’est donc assez efficace.

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